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QUESTION D'ACTU

La santé en vacances

Vacances : un moment difficile pour beaucoup, malgré “une sorte d'obligation au bonheur”

Le psychothérapeute Benjamin Lubszynski constate que les vacances ne sont pas exemptes du poids de la pression sociale. Or, malgré une “sorte d'obligation” d'être heureux, beaucoup ressentent de la déprime, voire de l'anxiété pendant leurs congés.

Vacances : un moment difficile pour beaucoup, malgré “une sorte d'obligation au bonheur” jacoblund/iStock

  • Publié le 13.07.2020 à 10h30
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Troubles du sommeil induits par le décalage horaire, anxiété causée par des conflits familiaux, déprime liée à l'excès de temps pour penser… Malgré une sorte d'association au bonheur, les vacances ne sont pas aussi roses qu'on pourrait le croire. Le psychothérapeute Benjamin Lubszynski nous donne les clés pour véritablement apprécier ses congés.

Les vacances sont-elles “surévaluées” ?

Il y a une sorte d'obligation au bonheur absolument idiote que l'on projette sur les vacances. Quand on dit aux autres que l'on a été en congés, la plupart des gens se disent que l'on était forcément heureux. Or, pour beaucoup de personnes, il s'agit d'un moment difficile car c'est là que se déclenchent des coups de déprime, que l'anxiété augmente, que le burn-out survient… Les vacances représentent souvent une zone de fragilité dans la vie des individus.

À quoi cette fragilité est-elle due ?

En vacances, on a trop de temps pour penser puisque l'on est particulièrement inactif. Il y a des personnes habituées à faire tout le temps quelque chose, pour qui se retrouver pendant une à deux semaines à griller sur la plage n'est pas adapté. Comme ce n'est pas le type de vacances dont elles ont besoin, cela peut être déclencheur d'anxiété. Puis, le décalage horaire perturbe le sommeil, ce qui peut créer du stress et de la déprime. 

Par ailleurs, les vacances peuvent être excessivement perturbantes lorsque l'on se retrouve avec des membres de sa famille avec lesquels les relations sont difficiles, d'autant que l'on est beaucoup plus les uns sur les autres. Si on est habitué à se parler uniquement le soir, lorsque l'on rentre du travail, pour se demander ce que l'on a mangé à midi, l'harmonie parfaite n'est pas forcément au rendez-vous quand on arrive en vacances.

Comment cette “obligation au bonheur” s'explique-t-elle ?

Elle vient du fait que l'on divise souvent sa vie en deux : on distingue la punition que représente le travail de la récompense que constituent les vacances. Par conséquent, on considère qu'il faut absolument être heureux pendant ces instants de pause. Si on est dans cette logique, avec beaucoup d'anxiété dans le milieu professionnel, on a effectivement besoin d'un temps de décompression, mais qui se traduira différemment d'une personne à l'autre.

Comment faire en sorte d'apprécier véritablement ses vacances ?

La première chose à faire est de jauger sa fatigue physique et mentale. Par exemple, si on sent que l'on a l'énergie de ne rien faire et que l'on a eu une année difficile, il vaut mieux éviter de se rendre dans une destination avec 6 heures de décalage horaire et un jour d'avion à l'aller, puis au retour. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, se rendre en République dominicaine dans un hôtel avec cocktails à volonté ne suffira pas à décompresser, surtout pendant une semaine.

Par ailleurs, il faut organiser ses vacances en fonction de sa personnalité plutôt que de s'enfoncer dans un stéréotype. Est-ce que l'on a besoin de dormir davantage ? De voir des superbes paysages ? De pratiquer de la randonnée ? De faire le plein d'art ? De se plonger dans une culture différente de la sienne ? Ce sont des questions importantes à se poser, celles qui devraient déterminer le lieu, la distance, et le genre d'endroits dans lequel on ira.

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