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QUESTION D'ACTU

Entretien

La crise sanitaire, l'occasion de remettre en question le "stéréotype des vacances parfaites"

Plage, soleil, cocotiers… Le “stéréotype des vacances parfaites” a été mis en place pendant les 30 glorieuses, selon le psychothérapeute Benjamin Lubszynski. S'il se traduit par des séjours en hôtel-club, la crise sanitaire pourrait bien le remettre en question avec la découverte des vacances de proximité. Entretien.

La crise sanitaire, l'occasion de remettre en question le \ Miniloc/iStock

  • Publié le 10.08.2020 à 10h30
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Le psychothérapeute Benjamin Lubszynski est catégorique : la crise sanitaire aura un impact indéniable sur notre mode de vacances. En dehors des restrictions géographiques liées à la fermeture des frontières encore en vigueur dans nombre de pays, le professionnel estime que l'été 2020 nous obligera à nous recentrer sur des besoins plus essentiels. Et ce, au détriment du "stéréotype des vacances parfaites".

Existe-t-il des vacances “stéréotypées” ?

Beaucoup de personnes vivent encore avec le cliché des hôtels-clubs. On y va en Tunisie, en République dominicaine… Le problème, c'est que l'on a beau se rendre dans des endroits différents, cela reste des hôtels-clubs. Il n'y a pas vraiment de dépaysement ni de changement d'air, et ça peut créer de la frustration chez certains. 

Ce stéréotype des vacances parfaites a été mis en place pendant les 30 glorieuses. Il passait par la plage et le soleil avec, si possible, des cocotiers. En réalité, il existe la possibilité de partir de manière alternative, avec l'agrotourisme ou les voyages touristiques, entre autres. Cette dernière option n'a été développée que récemment, depuis près d'une trentaine d'années. 

La crise sanitaire pourrait-elle remettre en question le cliché “plage et soleil” ?  

Avec la crise sanitaire, les Français perçoivent davantage les possibilités de vacances à proximité. C'est intéressant de se demander : ‘Comment puis-je être près de chez moi et passer des bonnes vacances quand même ?'. Cela pourrait être l'occasion de prolonger ce questionnement toute l'année : c'est particulièrement agréable de transformer son territoire en source de loisirs, d'ouverture, de culture. Car, quand on enchaîne le rythme ‘métro, boulot, dodo' avec la formule hôtel-club, on ne connaît pas forcément l'endroit dans lequel on habite.

Je pense que l'été 2020 va avoir le même effet que confinement : il va nous obliger à nous recentrer sur des besoins plus essentiels, sur les aspirations que l'on a vis-à-vis des vacances, avec un petit peu le même genre de réaction que l'on a eu au niveau du travail après le confinement. On voit de plus en plus de personnes qui souhaitent maintenir le télétravail et se mettre à leur compte : il y a une volonté de casser la répétition, quel que soit le domaine.

Quels bénéfices pourraient apporter le fait de repenser son mode de vacances ?

Cela pourrait permettre de vraiment se retrouver en famille, de créer un projet ensemble, d'inclure son couple et ses enfants. Comme le principe de l'hôtel-club est de répondre à tous nos besoins, puisque l'on cuisine pour nous, que l'on nous offre tous les loisirs possibles et que l'on nous débarrasse de nos enfants avec le Mini-Club, on ne s'implique pas vraiment ensemble.

D'habitude, en dehors du cliché des vacances parfaites, on a plutôt tendance à reproduire un schéma : on a une manière de voyager, que l'on réitère d'année en année. Rares sont les personnes qui partent une fois en hôtel-club, puis une autre dans un refuge de haute montagne, avant de faire de l'agrotourisme dans la Creuse et de se rendre à Rome pour visiter les églises jésuites. En général, on a tendance à faire des choses très sociotypées.

Une fois en vacances, existe-t-il des habitudes à revoir ?

Des transpositions de nos modes de vie peuvent un peu ruiner l'ambition des vacances : il faut faire attention à l'excès de réseaux sociaux et de connexion. Par exemple, je me rappelle d'une étude qui avait été menée aux États-Unis il y a quelques années, mettant en évidence que 50% des sondés préféraient avoir une bonne connexion Wi-Fi en vacances plutôt que des rapports sexuels fréquents avec leur partenaire. D'autre part, se détendre avec un fil numérique à la patte n'est pas facile.

C'est sympa d'être connecté à une communauté, mais est que l'on a envie de refaire la même chose que d'habitude, d'aller toutes les 5 minutes sur son portable ? Est-ce que les vacances ne seraient pas l'occasion de vraiment vivre les choses plutôt que de les mettre en avant sur Instagram ? Ces temps de pause peuvent être une manière de connaître des expériences différentes, plus ressourçantes.

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