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Adolescents et sexualité : ce qu'il faut savoir sur les IST, la contraception et le consentement

L'été peut se révéler plus propice aux rencontres et aux découvertes chez les adolescents. Un éveil à la sexualité nécessite de bonnes bases pour se dérouler le mieux possible. La sexologue Claire Alquier fait le point.

Adolescents et sexualité : ce qu'il faut savoir sur les IST, la contraception et le consentement karelnoppe/iStock

  • Publié le 10.08.2020 à 18h00
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Spécialisée en santé sexuelle et en prévention, la sexologue Claire Alquier multiplie les interventions dans les collèges et les lycées pour sensibiliser les adolescents à l'éducation sexuelle. L'experte distingue quatre piliers essentiels : la protection contre les IST (infections sexuellement transmissibles) la contraception, le consentement, et l'écoute de soi. Elle fait le point pour Pourquoi docteur. 

Comment se protéger des IST ?

D'abord, quand on parle d'IST, on pense à la chlamydia, à la gonorrhée, au papillomavirus et à la syphilis, même si c'est un petit peu plus rare. On doit aussi se protéger du VIH, bien sûr. Il n'y a qu'une chose qui permet d'empêcher la transmission de ces maladies : le préservatif. Parfois, cela fait peur ou impressionne, mais il peut se mettre à deux. À partir du moment où il est mis dès le début et qu'il n'y a pas de rupture, il est fiable ; je n'ai jamais entendu d'histoires avec une grossesse non désirée dans ce cas de figure.

Lors de mes interventions, je parle également du préservatif féminin car c'est important de connaître tout ce qui existe pour choisir la meilleure option pour soi. Néanmoins, il est extrêmement rare que des adolescents l'utilisent. D'une part parce que le préservatif féminin est très marginal : il fait un peu peur, est beaucoup plus gros, et, au niveau de la pause, les jeunes filles sont souvent un peu inquiètes qu'il puisse rentrer complètement. Puis, en général, il renvoie une image pas esthétique, pas glamour. Il souffre d'une mauvaise réputation et d'un manque de publicité, de discussions: soit on ne le connaît pas, soit on l'écarte assez vite des possibilités.

Le retrait est parfois utilisé comme contraception ; est-ce vraiment fiable ?

La question de la contraception se pose inévitablement pour les couples hétérosexuels. Certains adolescents en ont extrêmement conscience, mais pensent qu'elle protège aussi des maladies. À l'inverse, d'autres, un peu focalisés sur les IST, oublient l'aspect contraceptif. Quoi qu'il en soit, il faut garder en tête que le retrait n'est pas fiable à 100%. 

D'une part, il peut y avoir du sperme dans le liquide pré-séminal. Cela peut suffire, même en faible quantité. Par ailleurs, si le retrait arrive à un moment un petit peu tardif, quelques gouttelettes de sperme non repérées comme de l'éjaculation et non senties par le jeune homme peuvent être présentes et permettre aux spermatozoïdes d'aller plus loin.

En dehors de la grossesse, on s'expose potentiellement à la transmission d'IST à partir du moment où il y a un contact de muqueuse à muqueuse. Pour rappel, le gland, la vulve, l'anus et la bouche sont des muqueuses. Ainsi, on prend un risque si on ne met rien entre ces parties du corps, même pendant des actes impliquant le pénis de son partenaire et sa bouche ou le vagin de sa partenaire et sa bouche.

Sur quoi repose le consentement, pilier des rapports sexuels ?

Outre les maladies et la contraception, la question du consentement est vraiment essentielle. C'est hyper important car c'est ce qui permet d'accepter ou pas de prendre des risques d'un point de vue santé. Le consentement, c'est s'assurer que les deux partenaires sont d'accord pour faire ce qu'ils font, qu'on n'est pas en train d'aller un petit peu trop vite, par exemple. Dans tous les rapports, il faut veiller à ce que l'on ne fasse pas mal, et que l'on ne mette pas l'autre, ou soi, en difficulté. C'est de la conscience de l'autre, du respect : il faut être attentif à la personne en face de soi.

Dans l'éveil à la sexualité et au plaisir, il me semble très important d'avoir accès aux informations. Cela passe par des personnes-ressources, que ce soit dans la famille, les amis ou par des associations : c'est toujours très impressionnant ce qu'il se passe à l'adolescence, c'est indispensable de pouvoir en discuter sans que la sexualité fasse peur. On parle peut-être d'amour, de rencontres, de première fois… Il y a beaucoup de représentations autour de tout cela.

Les adolescents ont une image de la sexualité assez normée, où elle se résume surtout à la pénétration du pénis dans le vagin, mais on peut faire plein d'autres choses qui permettent aussi d'y aller tranquillement. On peut avoir des relations charnelles et ressentir du plaisir intense sans qu'il y ait pénétration : le fait de prendre son temps rejoint la notion de consentement. Certaines étapes permettent de se connaître un petit peu mieux, de se mettre plus en confiance, d'être moins impressionnés, moins maladroits.

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