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Il existe un possible lien entre “l'hormone de l'amour” et l'ostéoporose

En mai dernier, une équipe de recherche brésilienne a publié une étude dans Nature sur les effets de l'ocytocine sur l'ostéoporose donnant lieu à une possible prévention.

Il existe un possible lien entre “l'hormone de l'amour” et l'ostéoporose Anastasia Usenko/iStock

  • Publié le 13.08.2020 à 17h00
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Et si l'amour protégeait la santé des os ? C'est la surprenante conclusion à laquelle une équipe brésilienne de recherche est parvenue dans son étude publiée en mai dans la revue Nature. Ces scientifiques de l'université de São Paolo (Brésil) ont remarqué que l'injection d'ocytocine — neuropeptide produit par l’hypothalamus connu pour son rôle dans l'attachement social, maternel ou amoureux — sur des rats de sexe féminin proche de la ménopause infléchit les processus de l'ostéoporose — maladie qui fragilise l'ensemble du squelette. Pour ces chercheurs, l'ocytocine administrée peu avant la fin de la fertilité des rats “renverse” les signes avants-coureurs de l'ostéoporose comme la baisse de la densité ou de la solidité des os, et le manque de substance qui stimule leur formation.

Notre recherche s'intéresse à la prévention primaire de l'ostéoporose, alors nous nous sommes intéressés au processus physique qui s'opère lors de la préménopause [période de transition hormonale préparant la ménopause, NDLR]. À ce moment-là de la vie d'une femme, des mesures peuvent être prises pour prévenir la friabilité des os et les fractures qui provoquent une baisse la qualité de vie et raccourcis son espérance de vie, explique Rita Menegati Dornelles, chercheuse affiliée à l'université d'odontologie d'Araçatuba. Il y a beaucoup de recherches sur la postménopause, mais l'équilibre hormonal bascule fortement lors de la périménopause et ils sont alors associés à la diminution progressive de l'intensité osseuse. Il est nécessaire de mener davantage de recherche afin de soutenir la prévention de l'ostéoporose durant la périménopause, car la période succédant à la ménopause représente près du tiers de la vie d'une femme et devrait être de la meilleure qualité possible.”

L'ocytocine présente dans les cellules osseuses

Dans l'étude, les scientifiques ont administré 2 doses d'ocytocine à 12h d'intervalle dans le col du fémur de 10 rats de sexe féminin. Ces rongeurs sont dans une phase de periestropause l'équivalent chez la femme humaine de la périménopause. Trente-cinq jours après, les chercheurs ont analysé du sang et du tissu du fémur et les ont comparé avec des rats témoins âgés de 18 mois, soit un âge extrêmement avancé pour les rats de laboratoire qui vivent en moyenne 3 ans. Les rats traités avec de l'ocytocine ne porte pas de trace d'ostéoporose par rapport au groupe contrôle. "Nos résultats démontrent que l'ocytocine aide à moduler le cycle de remodelage osseux chez les rats sénescents [engagé dans le processus de vieillissement des cellules, NDLR]. Les animaux qui reçoivent l'hormone présentent une augmentation des marqueurs biochimiques associés au renouvellement des os et à l'expression des protéines qui aident la formation et la minéralisation des os”, explique la chercheuse. L'analyse des échantillons de sang montre une augmentation de l'activité de marqueurs-clés dans la formation des os. “Nous remarquons que la région du col du fémur est plus solide et moins poreuse. sa réponse à la compression biomécanique est meilleure, et ses propriétés physico-chimiques garantissent une plus grande densité”, analyse-t-elle.

L'ocytocine a été découverte au début du XXe siècle lors notamment de l'accouchement et de l’allaitement, d'où un de ses noms : “l'hormone de l'attachement”. Pendant un temps, les chercheurs pensaient qu'elle n'était que sécrétee par l’hypothalamus [une région du cerveau, NDLR], mais des études plus récentes bousculent cette idée. "Elle est aussi sécrétée par les cellules des os, et nos recherches mettent en lumière sa relation avec le métabolisme osseux chez les femmes durant le processus de vieillissement, assure Rita Menegati Dornelles. L'ostéoporose est plus fréquente chez les femmes postménopausées. Elles ont tendance en général à avoir moins d'ocytocine dans le plasma sanguin.” Un espoir de pouvoir mieux prévenir cette maladie appelée à sa répandre à mesure du vieillissement général de la population.

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