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QUESTION D'ACTU

Maladies cardiovasculaire

Le mauvais caractère, facteur de récidive de la crise cardiaque

En suivant plus de 2 000 patients ayant récemment fait une crise cardiaque, des chercheurs américains ont constaté que ceux qui faisaient preuve de sarcasme ou d’irritabilité avaient un risque supérieur de récidive.

Le mauvais caractère, facteur de récidive de la crise cardiaque SIphotography/iStock

  • Publié le 15.09.2020 à 19h15
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L'ESSENTIEL
  • Au même titre que le stress, l'anxiété ou la dépression, le mauvais caractère devrait être considéré comme un facteur de risque d'infarctus du myocarde, estime l'étude.
  • Menée sur plus de 2 000 survivants à une crise cardiaque, elle montre que le tempérament joue un rôle important dans le risque de subir un nouvel accident cardiovasculaire.

Le mauvais caractère figurera-t-il prochainement dans la liste des facteurs de risque des accidents cardiovasculaires ? Selon une nouvelle publiée dans le European Journal of Cardiovascular Nursing, une revue de la Société européenne de cardiologie (ESC), cela est bien possible.

Selon ses auteurs, les personnes faisant preuve d’hostilité et ayant déjà été victimes d’une crise cardiaque ont davantage de risque de récidiver que les autres patients.

Un facteur de risque supplémentaire

"L'hostilité est un trait de personnalité qui comprend le fait d'être sarcastique, cynique, rancunier, impatient ou irritable, détaille le Dr Tracey Vitori de l'Université du Tennessee à Knoxville (États-Unis). Il ne s'agit pas d'un événement ponctuel, mais d'un trait qui caractérise la façon dont une personne interagit avec les autres." Selon elle, l’amélioration du caractère et du comportement des patients victimes d’une crise cardiaque sont, comme le fait d’arrêter de fumer ou de pratiquer une activité sportive, une manière de prendre le contrôle sur ses habitudes de vie et donc d’écarter le risque de récidive.

Pour parvenir à cette conclusion, le Dr Vitori et ses collègues ont suivi pendant 24 mois 2 321 patients ayant déjà fait une crise cardiaque. Leur hostilité a été mesurée au départ à l'aide d’un questionnaire appelé liste de contrôle des effets des adjectifs multiples (MAACL), qui mesure les traits de la personnalité. L’âge moyen des participants était de 67 ans, 68% étaient des hommes et 57% d’entre eux ont été jugés hostiles par le test de personnalité.

En comparant la survenue de crises cardiaques et le nombre de décès dans les 24 mois avec les résultats du test, les chercheurs en ont conclu que le mauvais caractère était, au même titre que l’anxiété et le stress, un facteur de risque de récidive d’un accident cardiaque.

Avertir les patients grincheux

"L'hostilité est liée aux maladies cardiovasculaires depuis les années 1950, mais nous ne comprenons pas encore tout à fait pourquoi. Notre étude montre que l'hostilité est un trait commun chez les survivants de crises cardiaques et qu'elle est associée à de mauvais résultats. Il faut poursuivre les recherches sur la manière dont cette caractéristique affecte l'organisme", explique le Dr Vitori, qui plaide pour que soit ajoutée une évaluation de l’hostilité comme facteur de risque de récidive de la crise cardiaque. Cela permettrait d'identifier les patients à risque de décès prématuré. Il est aussi nécessaire d’éduquer les patients sur l'impact potentiel de leur mauvais caractère sur leur santé cardiaque afin de les inciter à changer de comportement.

"Les patients cardiaques peuvent faire beaucoup pour prendre en main leur propre santé. D'un point de vue physique : arrêter de fumer, augmenter l'activité physique et avoir une alimentation équilibrée. Notre étude indique également que la gestion de la mauvaise humeur pourrait être importante", conclut le Dr Vitori.

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