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QUESTION D'ACTU

Système endocrinien et santé mentale

Anxiété : une inflammation de la thyroïde pourrait être en cause

Un lien entre l’inflammation de la thyroïde et le trouble anxieux a été établi par une étude présentée lors du congrès virtuel de la Société européenne d’endocrinologie.  Cette découverte ouvre la voie à une nouvelle piste thérapeutique.

Anxiété : une inflammation de la thyroïde pourrait être en cause bunditinay/iStock

  • Publié le 16.09.2020 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • Une inflammation des glandes thyroïdiennes pourrait être en partie responsable du trouble anxieux, selon une nouvelle étude présentée au congrès virtuel de la Société Européenne d'Endocrinologie.
  • Un traitement à base d’ibuprofène et de thyroxine a non seulement permis de réduire l’inflammation de la thyroïde, mais aussi de réduire l'anxiété.
  • Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques pour soigner le trouble anxieux, qui touche jusqu'à 15% de la population adulte à un moment de sa vie.

Touchant jusqu’à 15% de la population adulte âgée de 18 à 65 ans, en particulier les femmes et les jeunes adultes, le trouble anxieux peut avoir de graves conséquences sur la qualité de vie. Caractérisé par une anxiété ressentie de façon quasi-permanente, le trouble anxieux généralisé s’accompagne aussi le plus souvent d’insomnies, de tensions musculaires, de somatisations anxieuses ou encore d’une irritabilité qui peuvent altérer la capacité à travailler et à se socialiser.

Si les études menées jusqu’ici sur le trouble anxieux généralisé se sont principalement penchées sur son lien avec le système nerveux, rares sont celles à s’être intéressées au rôle joué par le système endocrinien dans le déclenchement de ce trouble psychique.

C’est désormais chose faite avec une étude menée par le Dr Juliya Onofriichuk, de l'hôpital clinique de la ville de Kiev (Ukraine). Lors d’une session du congrès virtuel de la Société européenne d’endocrinologie (e-ECE 2020), elle a mis en lumière le rôle que peut jouer la thyroïde dans le développement des troubles anxieux. Les résultats suggèrent que l'inflammation de la thyroïde devrait être considérée comme un facteur sous-jacent dans les troubles psychiatriques, et notamment l'anxiété.

Moins d’inflammation thyroïdienne, moins d’anxiété

Pour parvenir à cette conclusion, la chercheuse a recruté 29 hommes et 27 femmes d’une trentaine d’année souffrant d’anxiété et en proie à des crises de panique. Elle a réalisé des échographies de leurs glandes thyroïdiennes afin d’évaluer la fonction thyroïdienne. Les niveaux d’hormones thyroïdiennes ont aussi été mesurés. Il s’est avéré que les glandes thyroïdiennes des patients anxieux présentaient tous des signes d’inflammation. Cependant, la fonction thyroïdienne n’a pas semblé être affectée les niveaux d'hormones thyroïdiennes étant tous dans la fourchette normale, bien que légèrement élevés. Les participants ont aussi été positifs aux anticorps dirigés contre la thyroïde.

Un traitement d’une durée de 14 jours composé d’ibuprofène et de thyroxine a permis de réduire l’inflammation de la thyroïde et de normaliser les niveaux d’hormones thyroïdiennes. Ce traitement a aussi réduit leur anxiété.

"Ces résultats indiquent que le système endocrinien pourrait jouer un rôle important dans l'anxiété », analyse le Dr Onofriichuk. « Les médecins doivent également tenir compte de la glande thyroïde et du reste du système endocrinien, ainsi que du système nerveux, lorsqu'ils examinent des patients souffrant d'anxiété", estime-t-elle.

Vers un meilleur traitement du trouble anxieux

Pour l’autrice de l’étude, ces nouvelles connaissances pourront certainement aider les patients souffrant de trouble anxieux à recevoir un traitement plus efficace, améliorant à la fois leur fonction thyroïdienne et leur santé mentale.

De nouvelles recherches sont cependant nécessaires, les hormones sexuelles et des glandes surrénales n'ayant pas été prises en compte dans cette étude alors qu’elles peuvent avoir un effet sur l’anxiété. C’est désormais l’objectif du Dr Onofriichuk, qui prévoit d’examiner les niveaux de cortisol, progestérone, prolactine, œstrogène et de testostérone chez les patients souffrant de dysfonctionnement des glandes thyroïdiennes et de trouble anxieux.

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