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QUESTION D'ACTU

Croissance

Un nouvel éclairage sur les causes de la puberté précoce

Ce mercredi, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) a communiqué autour de la découverte d'une de ses équipes de recherche sur le mécanisme de la puberté précoce. Explications.

Un nouvel éclairage sur les causes de la puberté précoce Kerkez/istock

  • Publié le 20.09.2020 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • Le pic de croissance prépubère serait contrôlé par les neurones GnRH, contrairement au consensus scientifique qui existait sur ce point
  • Mieux comprendre et contrôler la migration de ces neurones vers le cerveau permettrait de limiter les pubertés précoces

Pourquoi certaines petites filles ont-elles une poitrine de femme à 10 ans à peine ? La puberté précoce est encore un phénomène mal compris. Selon l'Institut national de santé et de recherche médical (INSERM), le consensus médical voulait qu'un pic de croissance prépubère active des neurones à GnRH qui agit à son tour sur les ovaires et les testicules provoquant ainsi la puberté. Or ce mercredi 17 septembre, l'Inserm fait écho de la publication d'un article de recherche d'une de leur équipe, travaillant aussi pour CHU de Lille et à l'Université de Lille, paru dans The EMBO Journal le 5 août dernier. expliquant que ce sont ces neurones à GnRH qui provoqueraient ce pic de croissance et non l'inverse et que c'est un dérèglement de ces neurones qui seraient la cause d'une puberté précoce. 

Des résultats qui font suite à une précédente étude où cette équipe de recherche avait découvert que ces neurones transitaient dans l'embryon des cellules du nez vers le cerveau grâce à l'action de la protéine Nrp1 à la base des neurones entre le nez et le cerveau mais également présente sur les neurones à GnRH.

Neurones à GnRH : un lien avec une prise de poids ?

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont élevé des souris démunies de Nrp1 au niveau des neurones à GnRH. Là ils ont observé que ces neurones GnRH dépourvus de Nrp1 sont plus nombreux qu'à la normale, et que cette migration embryonnaire entre le nez et le cerveau se manifeste bien plus rapidement. Lors de la croissance de ces souris sans Nrp1 au niveau des neurones à GnRH, ils observent qu'elles prennent davantage de poids, grandissent plus vite et ont une puberté plus précoce. "Nous allons rechercher des connexions et communications entre les neurones à GnRH et les fonctions de régulation de l’appétit et de la croissance pour expliquer ce phénomène, précise Vincent Prévot directeur de l'étude. C’est la première fois à ma connaissance que l’on attribue à ces neurones à GnRH des fonctions différentes de la reproduction."

Parallèlement à cette migration du nez vers le cerveau précoce, les scientifiques ont observé que ces neurones à GnRH n'occupent pas la même place dans le cerveau que les souris où le Nrp1 n'a pas été désactivé des neurones GnRH. Ainsi, les neurones à GnRH des souris précoces se logent dans le lobe olfactif du cerveau et non l'hypothalamus. L'équipe de recherche a alors remarqué que ces souris sont davantage attirées par l'odeur des souris mâles que les souris non-précoces du même âge. Ils supposent que ces neurones à GnRH provoquent également une attirance sexuelle plus précoce également.

Une piste de prévention de la puberté précoce

Ces travaux sont-ils transposables aux humains ? "Ces résultats suggèrent qu’un pic de croissance survenant très tôt pourrait être associé à une activation précoce des neurones à GnRH. Ce phénomène pourrait, de plus, être associé à certains variants du gène NRP1. Ces résultats ouvrent de nouvelles pistes dans la prévention des risques de puberté précoce chez l’enfant, assure Vincent Prévot. Nous allons à présent explorer la piste de l’inhibition de l’activité des neurones à GnRH avec des médicaments déjà utilisés en clinique."

La puberté précoce favorise l'apparition de diabète de type 2, de diabète gestationnelle et de maladies cardiovasculaires. Ce corps transformé trop tôt ralentit la croissance et impose souvent une féminité à laquelle les jeunes filles ont du mal à faire face et nécessite parfois une aide hormonale ou psychologique.

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