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Pédiatrie

Cancer pédiatrique : pas de lien entre un traitement par hormone de croissance et une récidivel

Un enfant ayant reçu de l'hormone de croissance et guéri d'un cancer n'en développera pas forcément un autre une fois adulte. C'est ce qu'affirment les équipes de recherche de l'hôpital Bicêtre de l'AP-HP, de l'Inserm, de Gustave-Roussy et de l'université Paris-Saclay.

Cancer pédiatrique : pas de lien entre un traitement par hormone de croissance et une récidivel LightFieldStudios/iStock

  • Publié le 18.09.2020 à 12h00
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L'ESSENTIEL
  • Selon une étude française qui se base sur 2 852 anciens enfants atteints de cancer, les hormones de croissance ne favoriseraient pas la survenue d'une deuxième cancer
  • Cependant, les scientifiques ont noté une légère augmentation de l'apparition de méningiome avec un traitement d'hormones de croissance supérieur à 4 ans qui pourrait s'expliquer par d'autres facteurs

Non, le fait d'avoir reçu une hormone de croissance durant son enfance dans le cadre d'un complément thérapeutique à un traitement contre le cancer, n'augmente de manière significative pas le risque de deuxième tumeur à l'âge adulte. Cette affirmation est la conclusion d'une étude menée par des équipes françaises de recherche publiée dans les pages du prochain numéro de la revue de l'European society of endocinology.

Le déficit en hormone de croissance est une conséquence de certaines radiothérapies subies par les enfants. Pour palier ce risque de ne pas atteindre une taille adulte, beaucoup se voient prescrire des injections d'hormone de croissance rappelle l'Inserm. Or, selon l'Institut de recherche, "des craintes" ont été avancées sur la survenue d'une autre tumeur à l'âge adulte lié à ce traitement hormonal. Pour lever le doute, des chercheurs au Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations (CESP)(Inserm/Université Paris-Saclay/Gustave Roussy) et de l’hôpital Bicêtre APHP, ont analysé les données d’une cohorte de 2 852 survivants d’un cancer pédiatrique diagnostiqué avant l’âge de 18 ans, avant 1986. Parmi eux, 196 avaient été traités dans l’enfance par hormone de croissance. Or sur ces survivants, 374 ont développé un nouveau cancer dont 40 parmi ceux qui ont reçu des hormones de croissance.

Un risque très limité voir non-significatif

Ainsi selon leur analyse de ces données qui offrent 26 ans de recul, 12,5% des adultes ayant eu un cancer enfant sans recevoir d'hormone de croissance ont développé une nouvelle tumeur à l'âge adulte. Une statistique qui atteint 20% pour ceux ayant reçu ces complément hormonaux. Pour les chercheurs, cela signifie "que le traitement par hormone de croissance n’est pas associé à un risque accru de secondes tumeurs." "Cette étude apporte des informations sur le devenir à long terme des enfants que nous traitons par hormone de croissance pour un déficit en hormone de croissance secondaire au traitement de leur cancer, explique Cécile Thomas-Teinturier pédiatre endocrinologue à l’hôpital Bicêtre AP-HP et première auteure de l’étude. Ces nouvelles données nous permettent d’aborder sereinement le traitement par hormone de croissance lorsqu’il est nécessaire et de rassurer les familles concernant l’absence d’augmentation du risque de secondes tumeurs.”

Mais si les hormones de croissance n'augmentent pas le risque de voir apparaître une deuxième tumeur cérébrale non-méningiomes ou de deuxième cancer non cérébral, les scientifiques notent une corrélation entre l'apparition d'un méningiome en fonction de la durée du traitement hormonal. Ils remarquent que si la durée du traitement est inférieure à 4 ans, le risque est de 1,6 fois, alors qu'il est de 2,3 fois si l'exposition est supérieure à 4 ans. De ce fait, les auteurs de l'étude concluent que cette légère augmentation est "non-significative". "Ce léger excès de risque de méningiome chez les patients sous traitement à long terme par hormone de croissance est non significatif et pourrait être dû à des difficultés d'ajustement du volume / dose de rayonnement crânien et/ou à des conditions prédisposant au méningiome non diagnostiquées" assure les chercheurs.

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