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QUESTION D'ACTU

Editorial

La quarantaine de 7 jours ? Mon œil !

Laboratoires surchargés, délais d'attente pour les résultats… A quoi servent vraiment les tests PCR ?

La quarantaine de 7 jours ? Mon œil ! Retvisual/iStock

  • Publié le 21.09.2020 à 18h00
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Je suis — peut-être — un cas contact. Un de mes confrères a été testé positif le 17 septembre et nous avions partagé durant quelques heures l’avant-veille un espace de travail. Je n’ai évidemment jamais été alerté par qui que ce soit (laboratoire, Assurance maladie…) mais simplement par ma hiérarchie et un appel téléphonique de ce confrère qui m’a informé de son test positif. J’ai donc quitté mon lieu de travail dès le 18 septembre et appelé un laboratoire d’analyse pour faire moi-même un test, ce qui semble être la procédure recommandée.

C’était un vendredi. Dans un rayon acceptable autour de mon domicile — je rappelle qu’en tant que cas contact potentiel, je dois “m’isoler”, ce qui signifie a priori ne pas multiplier les déplacements — impossible de faire le moindre test avant le lundi 21 septembre (le virus ayant probablement droit à des congés hebdomadaires le samedi et le dimanche…) C’est-à-dire six jours après une éventuelle contamination.

J’ai donc été prélevé le 21 septembre, après avoir fait la queue durant plus de deux heures à la porte du laboratoire puisque, étant asymptomatique et bien que cas contact, je n’avais pas droit à la “priorité” qui consiste pour ce laboratoire à accorder des rendez-vous à heure fixe uniquement aux patients “malades”, c’est-à-dire ayant des symptômes.

Lorsque j’ai demandé à quel moment j’aurai les résultats de ce test PCR, il m’a été répondu que je devrais attendre... 5 jours ! Je saurai donc le 26 septembre si j’ai éventuellement pu être contaminé par mon confrère le 15 septembre, soit 11 jours avant !

La réalité des faits

Alors lorsque le premier ministre annonce, tel un sauveur, que la quarantaine est désormais réduite à 7 jours, il est évidemment très étranger à la réalité des faits et au fonctionnement “dans la vraie vie” des processus sanitaires validés et imposés par son gouvernement.

Il est vrai qu’il ne peut pas tout connaître : après une escapade sur le Tour de France où il est devenu “cas contact” du patron de la course, Christian Prudhomme, testé positif le lendemain, il a sans doute eu beaucoup moins de difficultés que moi pour trouver un laboratoire capable de le tester rapidement et n’a probablement pas dû attendre 5 jours avant que les résultats lui soient communiqués : c’est à coup sûr à l’aune de cette célérité concernant son cas particulier qu’il peut juger de l’efficacité de la politique de tests…

Plus sérieusement, une telle situation, qui va à l’encontre de toute logique sanitaire, ne peut que décourager ceux qui croient encore aux messages de prévention et au respect de règles qui devraient nous protéger collectivement, tout en montrant que la crise du coronavirus n’est toujours pas gérée.

Impréparation, mensonge et arbitraire

Après l’impréparation face à l’arrivée du virus, après les mensonges sur la pénurie de masques et leur utilité, après un confinement à l’ampleur exagérée et aux conditions infantilisantes, après l’arbitraire vis-à-vis de certains choix de traitements, comment les Français qui doivent accepter des délais aboutissant à ce que leurs tests ne servent finalement à rien peuvent avoir le sentiment — pourtant nécessaire pour que la vie reprenne à peu près normalement dans notre pays — que tout est fait pour leur sécurité sanitaire ?

Depuis le début de cette crise, il n’y a pas une décision de l’Etat qui ne se heurte à l’expression d’avis contradictoires, à une absence de ligne claire, à un manque permanent de moyens mis en œuvre, à l’incapacité de traduire sur le terrain des annonces qui, faute d’être suivies d’effets efficaces, ne sont plus que source de défiance légitime face à la parole publique et d’anxiété paralysante sur ce que nous réservent les mois à venir.

Suis-je trop sévère ? Pour en revenir à mon modeste cas, si mon test est “positif” le 26 septembre, je serai en théorie contraint de rajouter sept jours à mon isolement, soit une parenthèse dans ma vie personnelle et professionnelle qui durera au total 16 jours. La quarantaine ramenée à 7 jours ? De qui se moque-t-on, sur ce sujet et pourquoi pas sur d'autres ?

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