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QUESTION D'ACTU

Mixed Martial Arts

Les combattantes de MMA aiment les hommes virils

Les participantes de MMA, qui sont intraitables dans la cage, préfèrent dans leur vie privée être avec des hommes qui sont plus grands et plus forts qu'elles. Elles souhaitent ainsi s'inscrire dans un schéma patriarcal conventionnel de femme fragile et d'homme viril.

Les combattantes de MMA aiment les hommes virils dusanpetkovic/iStock

  • Publié le 23.10.2020 à 17h15
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Masculine dans la cage mais féminine dans la vie. Selon une étude de l’université de Californie Riverside, les femmes qui pratiquent des arts martiaux ou des sports de combat remettent en cause les notions de genres dans leurs sports mais pas dans leurs vies. Les résultats ont été publiés dans Sociology of Sport Journal. 

Selon Justen Hamilton, doctorant en sociologie et auteur de l’étude, sa conclusion démontre qu’il faut faire preuve de prudence sur la labellisation féministe que l’on peut mettre sur des personnes ou des activités, simplement parce qu’elles mettent en lumière des femmes dans des positions de pouvoir.

Pour corroborer son hypothèse, Justen Hamilton a interrogé 40 athlètes professionnelles de WMMA sur leurs relations personnelles et leurs sentiments à l’égard de leur féminité. 

Assurer une protection physique

Presque toutes les femmes hétérosexuelles, qui représentent la majorité de l’échantillon, déclarent qu’elles aiment être fortes et capables de se défendre mais qu’elles préfèrent être avec un homme qui sache assurer leur protection. Dans une large mesure, elles souscrivent à l’idéal masculin de l’homme qui est prêt à risquer sa propre sécurité pour protéger sa famille. La protection physique fait d’ailleurs pour elle partie des qualités essentielles que doit posséder un homme. “Je ne veux pas être celui qui protège parce qu’alors, je serais l’homme”, a déclaré une des athlètes interrogées.

De même, le fait d’être plus petit et plus “faible” que l’homme avec qui elles partagent leur vie les faisaient se sentir plus désirables en tant que femme. Une des participantes a indiqué à Justen Hamilton qu’être avec un homme plus petit qu’elle la faisait se sentir moins féminine et désirable. 

Dans son étude, Justen Hamilton a également relevé que les différences de taille et de force ont une importance dans la dynamique sexuelle pour ces femmes. Ainsi, elles cherchent dans leurs partenaires des hommes qui soient plus grands, plus lourds, à même de les soulever de terre. Dans les réponses qu’elles ont apportées, certaines ont évoqué le fait que certaines de leurs relations précédentes ont échoué parce que les hommes avec qui elles sortaient n’étaient pas assez masculins pour elles.

Si je peux te botter le cul, je te regarderais toujours comme un petit frère. Je ne te regarderai jamais comme ce type avec qui je pourrais éventuellement sortir, a déclaré une autre personne interrogée. C'est comme si tu voulais quelqu'un qui est capable de te battre mais qui ne le fera jamais.”

Intégrer dans un schéma patriarcal conventionnel

Toutes ces athlètes professionnelles ont travaillé sans relâche pour devenir les meilleures dans leur discipline, en s’assurant d’être plus grande, plus fortes et plus impressionnantes physiquement que leurs adversaires. Cependant, dans leurs relations intimes, elles cherchent à être plus petite, plus faible et moins impressionnantes physiquement que leur partenaire. De fait, la plupart des  participantes hétérosexuelles de l’étude sortaient exclusivement avec des combattants de MMA hypermasculins. 

“Je pense que je suis juste attirée par les hommes masculins. Ils doivent être plus masculins que moi parce que je suis une femme et qu'il est censé y avoir une différence”, a assuré l’une des participantes de l’étude.

Justen Hamilton note que beaucoup de ces relations courent autour de normes conventionnelles liées au genre, comme la croyance selon laquelle les femmes devaient s’assurer de créer un foyer confortable quand l’homme devait assurer la sécurité physique et économique du ménage. 

Enfin, au cours de ces entretiens, plusieurs athlètes ont évoqué le mot “alpha” pour désigner leurs partenaires, en disant qu’elles préféraient des hommes alpha dominants à des bêta soumis.

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