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Les lymphocytes T régulateurs : une nouvelle cible contre les maladies auto immunes ?

Une molécule est capable de contrôler l’activité de ces lymphocytes, dont le rôle est important dans le processus d’inflammation. 

Les lymphocytes T régulateurs : une nouvelle cible contre les maladies auto immunes ? Design Cells/ISTOCK

  • Publié le 27.10.2020 à 17h30
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L'ESSENTIEL
  • Les lymphocytes T régulateurs équilibrent la réponse immunitaire
  • Les mutations d'un gène qui gère ces lymphocytes sont associées à des maladies graves
  • Une molécule impliquée dans le contrôle de ce gène pourrait être une clé pour mieux traiter les maladies auto-immunes

Les dérèglements du système immunitaire sont à l’origine d’au moins 80 maladies, selon l’Inserm. Ces pathologies touchent entre 8 et 10% de la population mondiale, en majorité des femmes. Le système immunitaire a pour rôle de nous protéger contre des agressions extérieures, mais dans ces situations, il emploie les mêmes mécanismes de défense contre l’organisme en lui-même. Dans une recherche, publiée dans Journal of Clinical Investigation, des chercheurs expliquent qu’ils ont trouvé une piste potentielle pour lutter contre les maladies auto immunes.   

Comprendre le lien entre les lymphocytes et une molécule 

Ils se sont intéressés aux lymphocytes T régulateurs, les Tregs : leur rôle est d’équilibrer la réponse immunitaire, c’est-à-dire de faire en sorte qu’elle soit suffisante pour nous protéger des infections, mais pas trop forte, pour éviter les inflammations. L’action de ces lymphocytes est liée à une molécule appelée DEL-1. "Dans des travaux précédents, nous avons constaté une corrélation : lorsqu’une inflammation était contrôlée, le nombre de Tregs augmentait et celui des DEL-1 aussi, explique George Hajishengallis, l’un des auteurs de cette recherche. Nous avons voulu comprendre comment ils étaient connectés."

Une expérience sur des souris 

Avec son équipe, il a observé différentes souris atteintes d’une parodontite. Chez certaines d’entres elles, les chercheurs avaient artificiellement supprimé la molécule DEL-1. Ces dernières avaient des taux de Tregs plus faibles que les autres, mais leur niveau de cellules Th17, des cellules associées à l’inflammation, a augmenté. Lorsqu’elles ont reçu une injection de molécules DEL-1, ces niveaux se sont régulés à des seuils normaux.
"Avec ce résultat, nous ne savions pas si la molécule DEL-1 agissait sur les Tregs ou sur les cellules Th17", souligne George Hajishengallis. Des expériences en laboratoire ont confirmé que l’action de cette molécule se concentre sur les Tregs. Un essai sur des cellules humaines a apporté les mêmes résultats.
La poursuite des recherches sur la molécule DEL-1 a permis aux chercheurs de mieux comprendre son action : elle est liée au gène FOXP3. Ce dernier a un rôle primordial dans la gestion des lymphocytes régulateurs. "Sans FOXP3, vous ne pouvez pas avoir de Tregs", précise le scientifique. Les mutations de FOXP3 sont associées à des maladies graves chez l’homme, comme le syndrome de dérèglement immunitaire - polyendocrinopathie - enthérapatie lié à l’X. Cette maladie rare se manifeste dans les premières semaines de vie, les personnes atteintes souffrent de diarrhée, de diabète, de thyroïdite et d’éruptions cutanées.

De futures recherches ?

La découverte de l’implication de la molécule DEL-1 dans le contrôle du gène FOXP3 incite les chercheurs à poursuivre leurs investigations. George Hajishengallis est convaincu que cette molécule "n’est pas juste liée à la parodontite et à l’inflammation, mais est aussi une cible potentielle contre les maladies auto immunes".

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