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QUESTION D'ACTU

Mécanisme de la douleur

Pourquoi une douleur peut en chasser une autre ?

Pour s’affranchir de douleurs qui seraient localisées à deux endroits distincts, notre cerveau module inconsciemment ses effets, de façon à en ressentir une plus intensément afin de d’amoindrir l’autre.

Pourquoi une douleur peut en chasser une autre ? iStockphoto.com/Kitzcorner

  • Publié le 22.12.2020 à 15h30
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L'ESSENTIEL
  • Lorsque nous avons mal à plusieurs endroits, notre cerveau inhibe une partie de la douleur car il ne peut pas gérer tous les stimuli.
  • A la différence des autres douleurs, les douleurs électriques sur la peau peuvent être mesurées avec un électroencéphalogramme grâce aux modifications de l'activité cérébrale.

La douleur, c’est vraiment dans la tête. La manière dont nous percevons la douleur peut varier d’un individu à l’autre. Il est même possible qu’un même stimulus soit plus ou moins douloureux en fonction d’une situation. Des chercheurs de l’université de la Ruhr à Bochum (Allemagne) ont étudié le mécanisme de la douleur grâce à la méthode de la modulation de la douleur conditionnée (MDC). 

La modulation de la douleur conditionnée est un mécanisme d’inhibition de la douleur que produit notre cerveau. Lorsque nous ressentons deux douleurs localisées à deux endroits distincts, notre cerveau en intensifiera la première et atténuera la seconde. “Cette méthode enregistre la force avec laquelle un stimulus douloureux inhibe l'expérience d'un autre stimulus douloureux qui est présenté en même temps”, explique Oliver Höffken, neurologue à Bergmannsheil.

Définir un critère objectif pour la douleur

Pour bien comprendre ce mécanisme, les chercheurs ont réalisés deux études. Dans la première, qui a été publiée cette année dans la revue Brain Sciences, l’équipe a comparé un modèle de MDC avec une variante. Dans un test sur la modulation conditionnée de la douleur, il y a toujours deux stimuli. Le premier stimulus, aussi appelé stimulus test, est administré deux fois : une fois seul et une fois en même temps que le second stimulus, appelé stimulus conditionné. La personne testée doit alors évaluer le degré de douleur du stimulus test seul et la façon dont elle s'est sentie pendant l'administration du stimulus conditionné. 

Dans ces travaux, l'équipe dirigée par Oliver Höffken a comparé deux stimuli différents : un stimulus test causé par une douleur due à la chaleur et un autre déclenchée par une stimulation électrique de la peau. Dans les deux cas, le stimulus conditionné a été produit par de l'eau froide. L’avantage de la stimulation électrique sur la peau par rapport à la chaleur est qu’elle permet de mesurer les modifications de l'activité cérébrale à l’aide d’un électroencéphalogramme. Ainsi, cela   ajoute un critère objectivement mesurable à l'évaluation subjective de la douleur des personnes testées. 

Deux mécanismes pour un même résultat

Dans leur deuxième étude, publiée dans BMC Neuroscience, les chercheurs ont utilisé le modèle de la MDC testé précédemment avec la stimulation électrique de la peau et l'ont comparé à l'effet antidouleur de la distraction cognitive. Ils ont ainsi pu constater que la méthode MDC et la distraction cognitive peuvent toutes les deux réduire la sensation de douleur à un degré similaire. Toutefois, les deux méthodes ont donné des résultats différents dans la mesure des potentiels électriques. “Sur la base de nos mesures, nous supposons que les deux effets antidouleur examinés sont deux mécanismes neuronaux différents qui conduisent simplement au même effet”, souligne Oliver Höffken.

Les deux études ont été menées sur des volontaires en bonne santé. Cependant, la recherche sur le système d'inhibition de la douleur propre au corps est également pertinente pour mieux comprendre les différents troubles de la douleur. “Chez les patients souffrant de douleurs chroniques, le développement de douleurs postopératoires et le passage de douleurs aiguës à des douleurs chroniques, des effets modifiés de la modulation de la douleur conditionnée ont déjà été constatés par le passé. Dans notre groupe de recherche, nous utilisons donc le modèle MDC comme instrument pour étudier les mécanismes de traitement des informations douloureuses”, conclut Oliver Höffken.

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