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QUESTION D'ACTU

CRC2631

Cancer de la prostate : une bactérie procure un effet «turbo» à l'immunothérapie

Une salmonelle, conservée à température ambiante, est capable d’identifier les cellules cancéreuses que le système immunitaire n’arrive pas à voir. Cette découverte augure des traitements personnalisés en fonction des patients, afin d’accroître l’efficacité de l’immunothérapie.

Cancer de la prostate : une bactérie procure un effet \ iStockphoto.com/Wildpixel

  • Publié le 13.01.2021 à 18h30
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L'ESSENTIEL
  • Dans le cadre d'une immunothérapie, certaines cellules cancéreuses arrivent à ce cacher du système immunitaire.
  • CRC2631, une salmonelle génétiquement modifiée, permet d'identifier plus rapidement les cellules cancéreuses.

L’immunothérapie a été une révolution dans le traitement contre le cancer. Cette technique consiste à provoquer le système immunitaire pour qu'il se défende contre les cellules cancéreuses. Toutefois, certaines cellules cancéreuses peuvent “se dissimuler”, ce qui les laisse prospérer dans le corps, alors qu’elles sont en train de le détruire. Des chercheurs de l’université de Missouri (Etats-Unis) ont trouvé une nouvelle manière d’aider le système immunitaire à combattre plus efficacement le cancer. Les résultats de leur recherche ont été publiés dans la revue Oncotarget.

Les limites de l’immunothérapie

En temps normal, les cellules immunitaires de l'organisme sont constamment en patrouille afin d'identifier et de détruire les entités étrangères présentes dans le corps, indique Yves Chabu, professeur assistant à la division des sciences biologiques de l’université du Missouri et auteur de l’auteur. Les cellules normales émettent un signal moléculaire signifiant ‘ne me mangez pas’ qui est reconnu par les cellules immunitaires, empêchant ainsi la destruction des tissus normaux. Toutefois, certains cancers ont également développé la capacité d'imiter les cellules normales et de produire le signal ‘ne me mangez pas’. Par conséquent, le système immunitaire ne reconnaît pas le cancer comme un tissu défectueux et le laisse seul, ce qui est une mauvaise nouvelle pour le patient.

Dans leur mode de fonctionnement, les médicaments prescrits pour l’immunothérapie ont pour objectif de bloquer le signal émis par les cellules cancéreuses. Sans ce signal, elles sont théoriquement vues par l’organisme qui se chargera ensuite de les détruire. Toutefois, en raison de son agressivité vis-à-vis de l’organisme, l’immunothérapie n’est pas une technique parfaite, notamment dans le cas d’un cancer de la prostate, qui est hautement immunosuppressif. 

Une salmonelle détectrice de tumeurs

Pour contrer la technique utilisée par les cellules cancéreuses, les chercheurs ont trouvé la parade dans une souche de bactérie vieille de plus de 50 ans. Ils ont réutilisé une souche de salmonelle qui a été conservée à température ambiante pendant plus d’un demi-siècle. En la modifiant génétiquement, cette bactérie non toxique appelée CRC2631, a été capable de cibler les tumeurs cancéreuses. En la plaçant in vivo au contact de cellules de cancer de la prostate prélevées chez des souris, l’équipe de recherche a pu observer que CRC2631 indiquait la position des cellules cancéreuses, ce qui facilite le travail du système immunitaire. 

Les cancers sont différents d'un individu à l'autre, même lorsqu'ils affectent les mêmes tissus, souligne Yves Chabu. Ces différences interpersonnelles contribuent à déterminer si une thérapie particulière tuera efficacement ou non le cancer et aider le patient. La bactérie elle-même est génétiquement flexible, elle peut donc être génétiquement modifiée pour surmonter les limites thérapeutiques spécifiques au patient. Comme le CRC2631 colonise préférentiellement les cellules tumorales, l'effet est principalement localisé à la tumeur. L'utilisation du CRC2631 pour concevoir et fournir des thérapies adaptées aux patients laisse présager le potentiel de la médecine de précision, ou la capacité d'adapter un traitement à un patient spécifique.”

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