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Covid-19: pourquoi l'immunité collective sera très difficile à atteindre

D’après des projections, pour atteindre une immunité collective au Royaume-Uni, il faudrait théoriquement vacciner 93% de la population, enfants compris. Un défi insurmontable aussi bien par l’absence de doses suffisantes que par la réticence d’une partie de la population à se faire vacciner. 

Covid-19: pourquoi l'immunité collective sera très difficile à atteindre iStockphoto.com/Herraez

  • Publié le 23.01.2021 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • L'immunité collective est inaccessible pour lutter contre la Covid-19.
  • Pour prendre l'exemple du Royaume-Uni, il faudrait réussir à vacciner 93% de la population pour espérer l'atteindre.
  • Cela serait impossible tant en termes de doses disponibles que d'adhésion de la part des citoyens, qui peuvent se montrer réticents à l'idée de se faire vacciner.

Même avec un vaccin, l’immunité collective sera très difficile, voire inaccessible. Dans une nouvelle étude de l’université d’East Anglia (Royaume-Uni), des chercheurs ont modélisé l'efficacité des programmes de vaccination à l'échelle du Royaume-Uni en utilisant les vaccins Oxford et Pfizer, en tenant compte de la nouvelle variante hautement transmissible de Covid19.

Selon eux, le seul moyen d'obtenir une immunité collective pour le Royaume-Uni serait de vacciner presque tout le monde, y compris les enfants, avec le vaccin Pfizer, jugé le plus efficace. De même, l'étude recommande que tous les professionnels de santé et travailleurs dans les services sociaux reçoivent les vaccins Pfizer/Moderna, efficaces à 95 %, afin de prévenir la propagation asymptomatique aux patients et aux personnes vulnérables.

Vacciner la quasi-totalité de la population

Afin d’effectuer la projection la plus réaliste possible, les chercheurs ont utilisé des modèles mathématiques de la transmission de la Covid-19 et de l'efficacité du vaccin afin de prédire dans quelle mesure les vaccins Oxford et Pfizer fonctionneront pour faire baisser le nombre R, l’indicateur de circulation du virus. Ce R effectif est une donnée importante pour connaître la propagation d’un virus et atteindre l'immunité de groupe. S’il est supérieur à 1, cela veut dire que le virus est en expansion et que les cas de contamination se multiplient; à l’inverse, si le R est inférieur à 1, cela signifie que le virus infecte très peu de personnes, signe que sa propagation est maîtrisée. 

Dans leur première projection, il a fallu vacciner 93% de la population avec le vaccin Oxford pour faire baisser durablement le R en dessous de 1. Avec le vaccin de Pfizer, il ne faudrait que 69% de la population pour atteindre le même résultat. Toutefois, en tenant compte de la nouvelle variante anglaise de Covid-19, qui est plus transmissible que les souches “classiques”, les chercheurs ont constaté que la vaccination de toute la population avec le vaccin Oxford ne ferait que réduire la valeur R à 1,325. En revanche, le vaccin Pfizer exigerait que 82 % de la population soit vaccinée pour contrôler la propagation de la nouvelle variante.

Le vaccin d'Oxford réduit l'incidence des maladies graves dans une plus large mesure qu'il ne réduit les maladies symptomatiques, ce qui est encore courant chez ceux qui ont reçu ce vaccin, indique Alastair Grant, professeur à l'école des sciences environnementales de l’université East Anglia. Son efficacité contre l'incidence des infections asymptomatiques est plus faible, réduisant son efficacité contre toutes les infections de 70,4 % à 52,5 % pour les données regroupées. Cela signifie que sa protection globale contre l'infection n'est que partielle, soit environ 50 %. Bien que les cas asymptomatiques soient moins infectieux, le fait de les inclure dans nos calculs augmente encore les valeurs R de 20 % ou plus, de 1,33 à 1,6 pour la nouvelle variante avec une vaccination à 100 %.

Une immunité inaccessible 

Une telle immunité serait compliquée à atteindre pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il paraît compliqué de vacciner l’intégralité du pays, car le nombre de doses actuellement disponible n’est pas suffisant pour garantir à tout le monde d’avoir le bon nombre de doses. De plus, la mesure doit être adoptée par l’ensemble de la population pour être réellement efficace, ce qui peut paraître compliqué au regard du scepticisme de certaines personnes vis-à-vis des vaccins en général, et de celui contre la Covid-19 en particulier. 

Cette combinaison d'une efficacité relativement faible et d'un effet limité sur les infections asymptomatiques signifie que le vaccin d'Oxford ne peut pas nous amener à une immunité collective, même si toute la population est immunisée, analyse Alastair Grant. La vaccination de 82 % de la population avec le vaccin Pfizer permettrait de contrôler la propagation du virus, mais il n'est pas autorisé pour les moins de 16 ans, qui représentent 19 % de la population. De plus, certaines personnes refuseront le vaccin, ce qui rendra probablement impossible l'atteinte d'un taux de vaccination de 82 %. En l'absence de vaccination, l'immunité collective ne se produirait que lorsque 89 % de la population aurait été infectée par le virus.

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