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Sclérose en plaques : des problèmes de santé récurrents peuvent être une alerte

La sclérose en plaques est souvent diagnostiquée des années après l'apparition des premiers symptômes qui seraient souvent perçus, à tort, comme faisant partie d’une phase de pré-diagnostic alors qu’ils seraient le signe que la maladie est déjà active.

Sclérose en plaques : des problèmes de santé récurrents peuvent être une alerte selvanegra/iStock

  • Publié le 24.06.2021 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • Les personnes atteintes de SEP peuvent développer divers symptômes neurologiques causés par des dommages au système nerveux qui peuvent inclure un dysfonctionnement sensoriel ou des troubles visuels.
  • Plus tôt la SEP est reconnue, mieux elle peut être prise en charge.
  • De manière surprenante, les personnes atteintes de SEP sont moins susceptibles de consulter un médecin pour des infections des voies respiratoires supérieures.

Des années avant d'être diagnostiquées, les personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP) visitent nettement plus les médecins et les hôpitaux que les autres. Cette observation a conduit des chercheurs allemands à se demander si cela pouvait constituer une phase préliminaire de la SEP, connue sous le nom de prodrome. Dans une étude présentée le 15 juin dans la revue Neurology, ils estiment que les problèmes de santé récurrents peuvent être un signe précoce de SEP.

Des symptômes qui varient entre les patients

Les premiers symptômes de la SEP sont souvent variés entre les patients. Les personnes atteintes de la sclérose en plaques peuvent développer divers symptômes neurologiques causés par des dommages au système nerveux qui peuvent, dans les premiers stades, inclure un dysfonctionnement sensoriel tel qu'un engourdissement ou des troubles visuels. Il est souvent difficile de les interpréter correctement pour arriver à un diagnostic de SEP.

Néanmoins, l’observation des patients a permis aux chercheurs de se rendre compte que les patients atteints de SEP présentent un nombre significativement plus élevé de visites chez le médecin et d'hospitalisations, même des années avant le premier diagnostic, par rapport aux personnes témoins en bonne santé. Ces derniers ont vu cette période de pré-diagnostic comme une possible phase prodromique de la maladie.

Reconnaître plus tôt la SEP pour mieux la traiter

Dans la nouvelle étude, les chercheurs font une autre lecture de ces épisodes. Selon eux, il ne s’agit pas d’une période de pré-diagnostic mais bien d’une phase pendant laquelle la maladie est belle et bien active. “Nous avons constaté que les rendez-vous chez le médecin et les hospitalisations impliquent fréquemment des plaintes indiquant des symptômes typiques de la SEP, affirme le neurologue Bernhard Hemmer, l’un des auteurs de l’étude. Nous pensons que de nombreuses plaintes attribuées à une phase prodromique sont en fait causées par une maladie en cours. Nous pensons donc que, bien que la maladie n'ait pas encore été diagnostiquée, elle est pleinement active et n'est pas dans une phase préliminaire ou prodromique.”

Ces données ouvrent des perspectives pour optimiser le traitement de la SEP. “Plus tôt la SEP est reconnue, mieux nous pourrons traiter la maladie, affirme Christiane Gasperi, médecin-chercheuse en neurologie et autrice principale de l’étude. Nous devons maintenant examiner de plus près quels symptômes précoces de la SEP pourraient être négligés. Cela pourrait nous permettre de reconnaître la maladie à un stade plus précoce et ainsi permettre un début de traitement lui aussi plus précoce.”

L’étude montre également que les personnes atteintes de SEP sont moins susceptibles de consulter un médecin pour des infections des voies respiratoires supérieures. “C'était inattendu, compte tenu du fait que les rechutes de SEP ont parfois été associées à des infections, assure Alexander Hapfelmeier, co-auteur principal de la recherche. Cependant, de futures études seront nécessaires pour déterminer s'il existe un lien de causalité entre la SEP et un degré de protection contre certaines infections, ou si les données de santé que nous avons analysées reflètent un comportement protecteur adopté par les personnes atteintes de SEP.”

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