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Psychologie

Covid-19 : la crise sanitaire a ébranlé nombre de couples

Un jeune Français sur deux a déjà eu envie de rompre depuis le début de la crise sanitaire. 

Covid-19 : la crise sanitaire a ébranlé nombre de couples Ridofranz / istock.

  • Publié le 29.07.2021 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • La France compte 29,2 millions de ménages.
  • En 2016, 20 % des Français de plus de 15 ans vivaient seules, contre 13 % en 1990.

Une personne sur quatre en couple (27%) admet avoir eu envie de rompre avec son conjoint au cours des périodes de confinement et/ou couvre-feux successifs imposés depuis mars 2020, selon une nouvelle enquête de l'Ifop pour YesWeBloom.com.

Cette tentation a particulièrement affecté les jeunes couples (50% des moins de 30 ans, contre 14% des plus de 60 ans) et les plus précaires économiquement ou financièrement. 46% des hommes ayant un revenu mensuel net par individu inférieur à 900 € (contre 21% chez ceux gagnant plus de 2500 €) ont ainsi eu envie de rompre, tout comme 35% des ouvrières (contre à peine 23% des cadres).

Un manque de communication

Si la dégradation d’une relation de couple est généralement un phénomène multi-causal, "force est de constater que certains facteurs ont contribué plus que d’autres à la fragilisation des relations vécue depuis le premier confinement, et que leur impact s’avère très genré...", commentent les sondeurs. Pour les femmes ayant le sentiment que les confinements ont distendu leur relation de couple, c’est le manque de communication qui arrive en tête (70%), devant la mésentente sexuelle (64%) et le stress lié au travail (59%). Chez les hommes, ce sont les différences de besoins sexuels (67%) qui ont le plus joué, loin devant d’autres problèmes comme le manque de temps passé à deux ou les désaccords liés à l’argent. 

Pas de passage à l'acte

Si l’envie de rompre a traversé l’esprit de nombre de couples au cours des confinements et couvre-feux successifs, ils sont loin d’être tous passés à l’acte, au regard de la grande stabilité des itinéraires conjugaux des Français entre le début du premier confinement (17 mars 2020) et la fin du troisième (19 mai 2021). 89% des individus âgés de 18 à 69 ans ont exactement la même situation conjugale aujourd’hui qu’avant le premier confinement.

"L’absence de passage à l’acte est symptomatique d’un certain attentisme, somme toute classique en période de crise (ex : guerre, crise économique), qui tient sans doute à la crainte de la solitude – notamment dans les conditions d’isolement et de rencontre imposées par le Covid-19 – mais aussi à des raisons pratiques (ex : logement, école des enfants…) et financières : une séparation, qu’il s’agisse d’un divorce, d’une rupture de Pacs ou d’une rupture d’union libre, se traduisant généralement par une baisse du niveau de vie pour les ex-conjoints", commente François Kraus, directeur du pôle "Genre, sexualités et santé sexuelle" de l’Ifop.

Cependant, dans les jeunes générations, les unions ont été beaucoup plus souvent rompues ou renouvelées. 20% des jeunes de moins de 25 ans n’ont plus la même situation conjugale qu’en mars 2020.

Beaucoup de divorces reportés à l’après-crise sanitaire

Si cette envie de rompre semble pour beaucoup être restée au stade de l’intention, un certain nombre de personnes en couple n’en exprime pas moins le souhait de passer à l’acte une fois la crise sanitaire passée. 12% des personnes en couple souhaitent prendre leurs distances avec leur partenaire à l’issue de la crise, dont 4% de manière définitive. "Et si l’on procède à une extrapolation de ce pourcentage sur la base des 28 millions de personnes âgées de 18 à 69 ans actuellement en couple, ce risque de rupture concernerait au minimum un million de couples", calcule l'Ifop. 

Très logiquement, l’envie de rompre définitivement émane surtout des personnes dont la relation a été affectée le plus négativement par les confinements, à savoir les jeunes de moins de 30 ans - notamment les hommes (23%) – les habitants des grandes agglomérations (16% des habitants en agglomération parisienne) et les personnes aux revenus les plus modestes (exemple : 26% des hommes ayant un revenu mensuel net par individu inférieur à 900 €).

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