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Intestin

Centenaires : une signature microbienne unique

Les super-vieux qui vivent au-delà de 100 ans ont un microbiome unique qui peut les protéger de certaines infections bactériennes, y compris celles causées par des bactéries multirésistantes.

Centenaires : une signature microbienne unique sandorgora/iStock

  • Publié le 02.08.2021 à 14h00
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L'ESSENTIEL
  • Les centenaires ont des niveaux élevés d’acide isoallolithocholique qui inhiberait la croissance de “mauvaises” bactéries dans l'intestin.
  • Il parvient également à empêcher la croissance de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Les centenaires continuent d’intéresser les scientifiques qui cherchent à percer leur secret. Après le bagage génétique et le système immunitaire, c’est leur microbiome unique qui leur permettrait d’être protégé de certaines infections bactériennes, y compris celles causées par des bactéries multirésistantes. Ces résultats ont été présentés le 29 juillet dans la revue Nature.

Les acides biliaires secondaires contribuent à un vieillissement sain

Précisément, les chercheurs ont montré que les bactéries intestinales et les composés spécifiques qu'elles produisent, appelés acides biliaires secondaires, pourraient contribuer à un intestin sain et à un vieillissement sain. Les acides biliaires sont des composés de la bile qui aident à la digestion, en particulier des graisses. Une fois que le foie a produit des acides biliaires, ils sont libérés dans l'intestin, où les bactéries les modifient chimiquement en acides biliaires secondaires.

Ces résultats ne montrent qu'une association mais ne prouvent pas que ces bactéries ont fait vivre plus longtemps les super-vieux. “Bien que cela puisse suggérer que ces bactéries productrices d'acide biliaire puissent contribuer à une durée de vie plus longue, nous n'avons aucune donnée montrant la relation de cause à effet entre elles”, affirme le Dr Kenya Honda, professeur au département de microbiologie et d'immunologie de la faculté de médecine de l'université Keio à Tokyo et auteur principal de l'étude, à Live Science

Une signature distincte

Les bactéries et autres micro-organismes qui vivent dans l'intestin, qui forment le microbiome intestinal, sont connues pour jouer un rôle dans notre santé et changer avec l'âge. Le fait d'avoir moins de diversité dans les types de bactéries intestinales est lié à la fragilité chez les personnes âgées. Les chercheurs ont soupçonné que les personnes qui atteignent l'âge de 100 ans peuvent avoir des bactéries intestinales spéciales qui font qu’ils sont moins exposés aux maladies chroniques et aux infections que les personnes âgées qui n'atteignent pas cette barre des 100 ans.

Pour cette étude, les chercheurs ont examiné le microbiote intestinal de 160 centenaires, âgés en moyenne de 107 ans. Ils l’ont comparé à celui de 112 personnes âgées de 85 à 89 ans et de 47 personnes âgées de 21 à 55 ans. Ils ont découvert une “signature” distincte de microbes intestinaux chez les centenaires que l'on ne voyait pas dans les deux autres groupes d'âge. 

L’acide isoallolithocholique, un puissant protecteur

Les chercheurs ont ensuite analysé les métabolites intestinaux dans les trois groupes et ont découvert que les centenaires présentaient des niveaux significativement plus élevés d'acides biliaires secondaires que les deux autres groupes, et en particulier l’acide isoallolithocholique. Il s’agit d’un acide possède de puissantes propriétés antimicrobiennes, ce qui signifie qu'il pourrait inhiber la croissance de “mauvaises” bactéries dans l'intestin, comme le Clostridium difficile, une bactérie qui provoque une diarrhée sévère et une inflammation du côlon. Il parvient également à empêcher la croissance des entérocoques résistants à la vancomycine, un type de bactéries résistantes aux antibiotiques connues pour provoquer des infections en milieu hospitalier.

Si ces bactéries productrices d'acides biliaires contribuent à un intestin sain, elles pourraient un jour être utilisées comme probiotiques pour améliorer la santé humaine, estime Kenya Honda. Ces bactéries semblent sûres, car elles ne produisent pas de toxines ou ne contiennent pas de gènes de résistance aux antibiotiques. On ne sait pas comment les centenaires en viennent à acquérir ces bactéries bénéfiques, mais la génétique et l'alimentation pourraient jouer un rôle dans la composition du microbiote intestinal des gens.”

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