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Innovation

Rein artificiel : un premier prototype mis au point

Des chercheurs américains ont mis au point le tout premier prototype de rein bio artificiel qui fonctionne de manière autonome et promet d’alléger la vie des personnes dialysés.

Rein artificiel : un premier prototype mis au point peterschreiber.media/iStock

  • Publié le 17.09.2021 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • Une fois en place, ce nouveau rein ne nécessite aucun traitement complémentaire, qu’il soit immunosuppresseur ou anticoagulant.
  • Le rein artificiel est composé de deux parties : l’hémofiltre et le bioréacteur, pour assurer ses activités de filtre et de régulateur.
  • La durée de vie et le fonctionnement du dispositif vont être testés sur le long terme.

C’est une avancée qui se présente comme une petite révolution. Après des années de recherches, des chercheurs américains de l’université de Californie sont parvenus à mettre au point le tout premier prototype de rein artificiel qui fonctionne de façon autonome, sans nécessité d’alimentation électrique ou de médicaments complémentaires. Il ne s’agit que d’une première étape mais elle se présente comme une véritable lumière au bout du tunnel pour les patients qui souffrent d’insuffisance rénale chronique et qui ont besoin d’une dialyse régulière.

Aucun traitement complémentaire

La mise au point d’un rein artificiel relève d’une véritable prouesse tant la fonction rénale est complexe et diversifiée. Outre son activité de filtre des toxines et des déchets sanguins, l’organe régule la pression sanguine, les concentrations d’électrolytes entre autres fluides corporels. Pour preuve, lorsque les deux reins sont dysfonctionnels, le maintien de son activité nécessité un traitement extrêmement lourd pour les patients. Ces derniers doivent effectuer des dialyses régulières qui les occupent plusieurs heures trois jours par semaine. Ils peuvent également subir une intervention chirurgicale et l’implémentation d’un nouveau rein mais cela implique de devoir prendre un traitement immunosuppresseur à vie pour éviter le rejet, ce qui fragilise l’organisme qui devient plus vulnérable aux infections.

Pour pallier la lourdeur de ces traitements, des chercheurs réunis dans le Kidney Project au sein de l’université de Californie travaillent depuis plusieurs années à la conception d’un rein artificiel. Le 9 septembre dernier, ils ont annoncé être parvenus à implanter pour la première fois leur rein bio artificiel dans un modèle pré-clinique. Une fois en place, ce nouveau rein ne nécessite aucun traitement complémentaire, qu’il soit immunosuppresseur ou anticoagulant, comme c’est généralement le cas lors d’une transplantation.

Un dispositif en deux parties

Concrètement, le rein artificiel est composé de deux parties : l’hémofiltre et le bioréacteur. La première est constituée de membranes semi-conductrices en silicium qui éliminent les déchets du sang et protègent contre les attaques du système immunitaire du patient. Le bioréacteur contient des cellules tubulaires rénales modifiées qui régulent le volume d’eau, l’équilibre électrolytique et d’autres fonctions métaboliques. Le dispositif est relié à deux artères principales du patient — une qui transporte le sang à filtrer et l’autre qui le réinjecte dans le corps — ainsi qu’à la vessie, où les déchets sont déposés sous forme d’urine.

La durée de vie et le fonctionnement du dispositif vont être testés sur le long terme avant de pouvoir imaginer sa commercialisation. “Notre équipe a conçu un rein artificiel capable de supporter durablement une culture de cellules rénales humaines sans provoquer de réponse immunitaire, se félicite Shuvo Roy, chercheur principal du projet. Maintenant que nous avons démontré la faisabilité de la combinaison de l’hémofiltre et du bioréacteur, nous pouvons nous concentrer sur la mise à l’échelle de la technologie pour des tests précliniques plus rigoureux, et finalement, des essais cliniques.

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