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Psychiatrie

Dépression post-partum : une maladie mentale encore largement tabou chez les jeunes parents

60% des parents admettent que, pour eux, le tabou de la dépression post-partum n’est pas levé dans la société et qu’il est encore difficile d’en parler librement. 

Dépression post-partum : une maladie mentale encore largement tabou chez les jeunes parents Pheelings Media / istock.

  • Publié le 23.09.2021 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • Les mamans les plus à risque de dépression post-partum sont les jeunes mères de moins de 30 ans (40%), ainsi que celles qui accouchent de leur premier enfant (35%).
  • 40% des mères et 42% des pères pensent que cette maladie mentale ne touche que les jeunes mamans, ce qui est faux.

Selon une nouvelle enquête de la plateforme de téléconsultation Qare, 30% des mamans et 18% des papas ont déjà vécu un épisode dépressif post-accouchement. Pourtant, le sujet est encore largement tabou : 40% des parents n’ont jamais parlé à personne de leurs émotions post-accouchement, et 14% en ont ressenti de la honte.

Seuls 5% des parents diagnostiqués

Le Docteur Fanny Jacq, psychiatre spécialiste de la périnatalité et directrice de la santé mentale chez Qare, explique : “la dépression post-partum fait trop souvent encore l’objet d’un tabou. Pourtant, déceler et accepter ces fragilités, souvent passagères, doit être une force. Il faut apprendre aux parents à ne pas négliger les premiers symptômes et à ne pas culpabiliser d’en parler et de chercher de l’aide”.

Autre chiffre inquiétant quand on sait que la dépression post-partum, très violente, peu conduire au suicide : seuls 5% des parents ont été diagnostiqués par un professionnel de santé mental. Plus de la moitié des parents estiment aussi ne pas avoir été assez informés sur cette pathologie en amont de la grossesse, dont 78% n’en ont jamais entendu parler pendant leurs rendez-vous médicaux.

Lorsqu’ils sont en difficulté psychologique, les jeunes parents se tournent d’abord vers leurs proches (46% des répondants), puis vers leur sage-femme (17%), un psychologue (10%), un médecin généraliste (9%) ou enfin leur gynécologue (1%).

Le Dr Fanny Jacq détaille : "le sujet de la dépression post-partum est tabou à plusieurs égards. Il est difficile pour une jeune maman d’admettre qu’elle se sent déprimée, isolée, suite à son accouchement. Mais elle a également peu d’endroits de confiance où aborder le sujet. Aucun échange pré et post-accouchement n’est prévu avec un spécialiste de la santé mentale pour parler de santé mentale et post-partum. Il faut aujourd’hui une prise en charge plus régulière, plus longue, à la fois pour les mamans et pour les papas. Ils doivent pouvoir aborder sereinement leur rôle de parents et connaître les ressources d’aide qui existent.”

Les symptômes de la dépression post-partum

La dépression du post-partum correspond à des symptômes dépressifs qui durent plus de deux semaines après l'accouchement et qui perturbent les activités de la vie quotidienne. Cet état est beaucoup plus grave que le "baby blues", qui touche 80% des femmes et ne dure que quelques jours après l’accouchement.

Fatigue intense, pleurs incontrôlables, difficulté à gérer le stress, irritabilité, dévalorisation de soi, incapacité à apprécier son rôle de parent, peur de faire du mal au bébé, sensation de vide... Beaucoup de symptômes de la dépression post-partum sont semblables à ceux de la dépression classique. Comme pour cette dernière, tout changement de comportement prolongé du père ou de la mère doit conduire à consulter un psychiatre ou un psychologue. Le médecin généraliste peut orienter en ce sens.

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