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QUESTION D'ACTU

L'interview du week-end

Lymphome de Hodgkin : «préparer un marathon m'a énormément aidé à supporter la chimio»

Alors que le congrès de l'ESMO 2021 vient de présenter de nombreux nouveaux traitements contre le cancer, Vincent Guerrier et Léa Dall'aglio, auteurs du livre "Malades de sport" (Editions du Faubourg), racontent leur expérience de la maladie et rappellent que l'activité physique joue un rôle essentiel dans les soins.

Lymphome de Hodgkin : \ MihailDechev / istock.

  • Publié le 26.09.2021 à 17h18
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Pourquoi docteur - On vous a diagnostiqué un cancer du système lymphatique à 23 ans. Pouvez-vous nous expliquer ce que c’est ?

Vincent Guerrier - Un lymphome de hodgking, c’est un cancer du sang qui touche le système lymphatique, garant du système immunitaire.

Comment avez-vous découvert que vous étiez malade ?

Vincent Guerrier - J’étais très fatigué. Je souffrais également de suées nocturnes et de démangeaisons extrêmes pendant la nuit. Je pouvais parfois me gratter jusqu’au sang.

Léa Dall'aglio - Le diagnostic a été compliqué à poser, car ce n’était pas des symptômes qui parlaient à tous les médecins. Pendant dix mois, on a d’abord dit à Vincent qu’il souffrait de la galle, puis on lui a conseillé de changer de gel douche... Jusqu’à ce qu’un médecin lui fasse passer une radio, qui a montré une masse entre les poumons. Vincent a alors fait tous les examens nécessaires pour savoir si c’était un cancer : scanner, biopsie, prise de sang, etc.  

Quels traitements avez-vous suivis ?

Vincent Guerrier - J’ai d’abord fait des cures de chimiothérapie toutes les deux semaines pendant 4 mois.  Après ça, j’ai reçu des rayons 5 fois par semaine pendant un mois, afin d’éliminer les restes de tumeur. Je n’ai pas été opéré, car ce type de cancer réagit en général bien au traitement : 90% des malades, qui sont globalement jeunes, s’en sortent.

La maladie a-t-elle impacté votre quotidien ?

Vincent Guerrier - Oui, forcément. Déjà sur le plan professionnel : je devais signer un CDI, mais la maladie m’en a empêché. Je me suis aussi rapproché de mes proches en déménageant à Caen, où Léa m’a rejoint. Un cancer, cela met en quelque sorte la vie entre parenthèses.

Léa Dall'aglio - Ce lymphome a aussi fait naître notre projet journalistique « Malades de sport », qui s’est concrétisé sous la forme d’une association, d’un documentaire et d’un livre. Vincent a ainsi pu continuer à vivre sa passion pour le journalisme à son rythme, malgré la maladie.

Comment l’idée de faire du sport pendant vos traitements vous est-elle venue ?

Vincent Guerrier - Le déclencheur a été une remarque un peu maladroite d’un radiothérapeute. Il m’a dit que les traitements allaient sans doute me causer à long terme des arythmies cardiaques, en ajoutant : "cela ne gênera pas votre quotidien, mais ne vous attendez pas à courir un marathon". A ce moment-là, je me suis dit qu’un jour, j’avais bien envie d’en courir un quand même. On s’est donc mis à s'entraîner avec Léa, qui m’a motivé. 

Le sport vous a-t-il aidé à mieux supporter vos soins ?

Vincent Guerrier - Oui, très nettement. Après mes premières chimiothérapies, je mettais cinq jours à m’en remettre, avec de grosses difficultés à me mouvoir. C’était comme si j’étais en gueule de bois. A la fin, grâce au sport, je pouvais aller faire un footing dès le lendemain d’une séance de soins, et j’avais complètement récupéré au bout de deux jours.

Vos entraînements pour le marathon vous ont-ils aussi aidé sur le plan psychologique ?

Vincent Guerrier - Oui. Déjà parce que l’activité physique procure une sensation de bien-être mental, on se sent plus fort. Ensuite parce que lorsque l’on est en arrêt maladie sans rien faire, cela donne un rythme de vie et un calendrier.

Pourquoi avoir décidé de fonder une association ?

Vincent Guerrier  - Pendant mon parcours de soin, on s’est rendu compte que très peu de médecins nous avaient dit que l’activité physique pouvait être bénéfique pour la santé. Pourtant, il y a plein d’études, notamment sur le cancer du sein et de la prostate, qui montrent qu’une activité physique régulière du malade fait baisser le risque de récidive et de mortalité. On milite donc pour qu’une activité physique adaptée soit intégrée à part entière dans les parcours de soins des patients, et dans la formation des médecins.

Léa Dall'aglio - L’activité physique, ce n’est pas un remède miracle qui guérit le cancer, mais cela participe aux soins, à court et à long terme. Notre association vise à travailler sur cette thématique et à diffuser ce message essentiel.

Le message commence-t-il à passer ?

Léa Dall'aglio - Oui, même si cela prend du temps. On a vraiment l’impression de participer à l’évolution des traitements anti-cancers, avec une thérapie non médicamenteuse.

Vous faites toujours de la course à pied aujourd’hui ?

Vincent Guerrier  - Je cours toujours un petit peu, mais je fais surtout de grandes distances à vélo. Je peux parcourir près de 200 km en une journée.  

Où en êtes-vous sur le plan professionnel ?
Vincent Guerrier  - On a bien rebondi avec Léa, puisque nous avons retrouvé du travail tous les deux.

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