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Trouble psychologique : être hypocondriaque, c'est quoi exactement ?

Quand la peur d’être malade ou de le devenir, même sans symptôme, vire à l’obsession, on parle d’hypocondrie. Qu’est-ce que ce trouble psychologique et comment le surmonter ? On fait le point.

Trouble psychologique : être hypocondriaque, c'est quoi exactement ? Martyna87/iStock

  • Publié le 27.09.2021 à 16h30
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L'ESSENTIEL
  • Touchant en moyenne un Français sur 10, l'hypocondrie est un trouble psychologique qui touche les patients craignant d'être atteint ou de développer une maladie grave ou incurable.
  • On parle d'hypocondrie lorsque cette peur ne peut pas être apaisée, même après une ou plusieurs visites chez le médecin.
  • Il est possible de soigner l'hypocondrie, en suivant notamment une thérapie cognitivo-comportementale.

Craindre de faire une crise cardiaque dès que le cœur s’emballe ou d’avoir une tumeur à la moindre migraine… Loin d’être anodine, cette peur d’être atteint d’une maladie grave ou incurable est en réalité une véritable pathologie qui touche de nombreux Français. Ils écument alors les forums ou consultent spécialiste sur spécialiste dans l’espoir de découvrir s’ils sont vraiment malades.

Lorsque la peur d’être malade devient obsessionnelle et gâche la vie, on parle d’hypocondrie, terme dont l’étymologie signifie "sous" (hypo) et "cartilage des côtes" (khondros). "On parle d'un problème d'hypocondrie lorsque la personne n'arrive pas à se rassurer sur son état de santé. À la différence des anxieux, les hypocondriaques ne parviennent pas à apaiser les inquiétudes qu'ils ont en eux, même après une ou plusieurs visites chez le médecin. De plus, même lorsque leurs symptômes ne correspondent pas à des recherches sur Internet et qu'ils sont en bonne santé, les doutes persistent et reviennent très vite. C'est une forme d'anxiété dans laquelle le patient craint toujours d'être malade ou contaminé par les autres", expliquait à Pourquoi Docteur le professeur Antoine Pelissolo, psychiatre à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil) en 2014.

Un Français sur 10 concerné

Selon une étude réalisée cette même année par l’Ifop pour Capital Image, l’hyponcondrie toucherait en moyenne un Français sur 10, de manière plus ou moins sévère. Ainsi, 13 % des Français interrogés connaîtraient l’angoisse d’être atteints d’une maladie ou d’en développer une. Cela serait notamment dû à la surinformation autour de pathologie, en particulier sur Internet. Loin d’apaiser les angoisses des hypocondriaques, les recherches sur les forums au moindre coup de mou ou petit bobo auraient pour conséquence de conforter leurs doutes et leurs peurs.

Pour le Pr Pelissolo, il faut aussi en finir avec l’idée reçue selon laquelle tous les hypocondriaques passeraient leur vie chez le médecin. Au contraire, certains ne prendraient pas suffisamment soin de leur santé car ils "sont à peu près certains que les résultats de leurs examens médicaux vont être négatifs. Pour eux, cela peut faire repousser le dépistage, même lorsqu'il est nécessaire. Dans ce cas, c'est très problématique". "Chez ces cas extrêmes, l'hypocondrie est inhibitrice, et maintient le patient dans une attitude passive, loin de tous les cabinets médicaux", poursuit le médecin.

En 2013, une étude publiée dans le British Medical Journal montrait ainsi que ces malades ont 73 % plus de risque que les autres de développer des maladies cardiovasculaires. Et plus l’hypocondrie est importante, plus ce risque est élevé.

Réduire l’angoisse de l’hypocondrie

Heureusement, l’hypocondrie n’est pas une fatalité. Lorsqu’elle est diagnostiquée chez un patient, celui-ci est généralement invité à suivre une thérapie cognitivo-comportementale. Il peut aussi bénéficier d’un suivi psychiatrique s’il s’agit d’une forme sévère d’hypocondrie.

"Quand on met en place une thérapie, en général, on obtient de bons résultats chez les hypocondriaques. Mais ça demande un fort investissement de la part du patient. Plus on intervient vite, plus la durée de la guérison est courte. Concernant les médicaments, ils ne sont pas indiqués dans la cadre d'une hypocondrie", rassure le Pr Pelissolo. La pratique du yoga, de la relaxation ou encore l’hypnose peut aussi être indiquée en cas de forte anxiété.

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