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QUESTION D'ACTU

Bloc opératoire

Les salles d’opération sont-elles toxiques pour les soignants ?

L’exposition à long terme aux produits chimiques présents dans les blocs opératoires augmenterait le risque de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique.

Les salles d’opération sont-elles toxiques pour les soignants ? ChaNaWiT/iStock

  • Publié le 23.10.2021 à 18h00
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L'ESSENTIEL
  • Les infirmières qui ont travaillé au bloc opératoire pendant 15 ans ou plus sont 69% plus susceptibles de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique.
  • En dessous de 15 ans d’expérience, ce chiffre baisse à 22%.
  • Bien que les données de l'étude reflètent les conditions de travail dans la salle d'opération au cours des années 1980, les résultats restent applicables à l'environnement actuel de la salle d'opération.

Dans les salles d’opération, chaque ustensile doit être stérilisé pour ne pas infecter le patient. Ces désinfectants et autres produits gazeux utilisés ne sont pas sans danger pour les médecins, infirmières et autres membres du personnel hospitalier qui passent beaucoup de temps dans les salles d’opération. C’est ce que révèle une étude parue le 20 septembre dans la revue JAMA Network Open, ajoutant que cette exposition accroît le risque de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).

Un risque significativement plus élevé de MPOC en fréquentant les blocs opératoires

L’étude avance que les infirmières qui ont travaillé au bloc opératoire pendant 15 ans ou plus sont 69% plus susceptibles de développer une MPOC que celles qui n’entrent pas dans les salles d’opération. En dessous de 15 ans d’expérience, ce chiffre baisse à 22%. Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont analysé les données sur les antécédents d'emploi en salle d'opération et l'incidence de la MPOC parmi une cohorte de 75 011 infirmières travaillant dans des hôpitaux américains en 1984.

L'un des défis inhérents à l'évaluation des risques pour la santé des désinfectants et de la fumée chirurgicale est qu'il est difficile de mesurer l'exposition avec précision sur une longue période de temps et parmi une grande population, assure Wubin Xie, auteur principal de l'étude. Nos résultats, basés sur les données d'une grande cohorte d'infirmières, montrent qu'une exposition professionnelle de longue durée à ces agents dans les salles d'opération entraîne un risque significativement plus élevé de développer une MPOC.”

Des résultats toujours d’actualité

Bien que les données de l'étude reflètent les conditions de travail dans la salle d'opération au cours des années 1980, les résultats restent applicables à l'environnement actuel de la salle d'opération, selon les chercheurs. “L'utilisation de désinfectants a d’ailleurs augmenté au cours des dernières décennies, et il y a peu de preuves que le risque de fumée chirurgicale a diminué”, ajoutent-ils.

Les mesures visant à empêcher ces gaz de produire leurs effets toxiques dans les salles opératoires se révèlent insuffisantes. “Les masques chirurgicaux de protection, tels que le masque N95, ne peuvent pas bloquer les petites particules dans la fumée chirurgicale, avance Wubin Xie. Les systèmes d'évacuation de la fumée, qui capturent les aérosols et les gaz de fumée émis au cours des procédures, n'ont par ailleurs pas été mis en œuvre dans de nombreuses salles d'opération.”

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