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QUESTION D'ACTU

Alternative aux antibiotiques

L’espoir d’un vaccin contre les infections urinaires à répétition

Ce produit serait une alternative aux antibiotiques, dont l’efficacité diminue à mesure que l’antibiorésistance prend de l’ampleur. 

L’espoir d’un vaccin contre les infections urinaires à répétition  Manit Chaidee/istock




L'ESSENTIEL
  • Selon l’American Urological Association, plus de 150 millions d’infections urinaires sont déclarées chaque année dans le monde.
  • Une infection urinaire est considérée à répétition lorsqu’il y a plus de quatre épisodes par an.
  • Les scientifiques pensent pouvoir utiliser cette technique pour d’autres infections comme l’endocardite ou la tuberculose.

L’infection urinaire est provoquée par des bactéries. Présentes dans les urines, elles se multiplient jusqu’à toucher les reins, si elle n’est pas traitée à temps. Les femmes sont plus concernées que les hommes, et elles sont parfois confrontées à la récidive : les infections sont plus fréquentes et plus difficiles à traiter. "Même si vous éliminez les bactéries de la vessie, les populations persistent ailleurs et deviennent généralement résistantes à l'antibiotique utilisé, explique Nicole De Nisco, professeure adjoint de biologie. Lorsque les patients accumulent des résistances aux antibiotiques, ils finiront par manquer d'options." Pour leur apporter une autre solution, la scientifique travaille avec son équipe au développement d’un vaccin contre les infections urinaires. Les résultats de leur recherche sont parus dans ACS Nano. 

Quels sont les risques d’une infection urinaire ?

"Les patients perdent leur vessie pour sauver leur vie parce que les bactéries ne peuvent pas être tuées par les antibiotiques ou à cause d'une allergie extrême aux antibiotiques, qui est plus fréquente dans la population plus âgée que les gens ne le pensent", ajoute-t-elle. Une infection urinaire non-traitée, ou mal traitée, peut entraîner une septicémie, une pathologie potentiellement mortelle. 

Un nouveau modèle de vaccin

Les scientifiques ont élaboré un modèle de vaccin innovant, dit vaccin à cellule entière. Pour nous protéger des infections, les vaccins agissent en introduisant une petite quantité de germes pathogènes tués ou affaiblis, ou certains de leurs composants, dans le corps. Ces antigènes incitent le système immunitaire à produire des anticorps contre une maladie particulière. La construction de vaccins contre les bactéries pathogènes est difficile car les bactéries sont beaucoup plus grosses et plus complexes que les virus. Souvent, les vaccins ne contiennent qu’une petite partie de la bactérie, car lorsqu’elle est conservée dans sa globalité, sa durée de vie est généralement trop courte pour susciter une réponse immunitaire. Lors de cet essai, les scientifiques ont eu recours à une méthode appelée dépôt d’antigènes MOF qui "permet à un agent pathogène intact et mort d'exister dans les tissus plus longtemps, comme s'il s'agissait d'une infection, afin de déclencher une réponse à grande échelle du système immunitaire". 

Une efficacité validée dans une expérience sur des souris 

Pour tester le sérum, les scientifiques ont utilisé une souche de bactérie Escherichia coli, responsable d’environ 80% des infections urinaires. "Lorsque nous avons injecté à ces souris une dose létale de bactéries, après qu'elles aient été vaccinées, presque tous nos animaux ont survécu, ce qui est une bien meilleure performance qu'avec les approches vaccinales traditionnelles, a remarqué le co-auteur de l’étude, Jeremiah Gassensmith. Ce résultat a été constaté plusieurs fois, et nous sommes assez impressionnés par sa fiabilité." Avant d’être employé pour l’humain, les effets de ce vaccin devront être confirmés dans de prochaines études. 

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