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VIH : les traitements seraient aussi efficaces en prises intermittentes que quotidiennes

L’édition 2022 du Sidaction a commencé ce 25 mars et se poursuit jusqu’au 27 mars. À cette occasion, Pourquoi Docteur relaye une étude qui révèle que le traitement non-quotidien permettrait d’améliorer la tolérance aux médicaments.

VIH : les traitements seraient aussi efficaces en prises intermittentes que quotidiennes RafaPress/istock


  • Publié le 26.03.2022 à 16h30
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L'ESSENTIEL
  • Environ 173 000 personnes vivent avec le VIH en France.
  • Le régime intermittent permet aussi une réduction des coûts des traitements, de plus de 3 000 euros : ce qui est non-négligeable pour pays à revenu faible et intermédiaire.

Dans les années 1980, le sida a été détecté et les premières recherches sur la pathologie ont été publiées. Depuis, la connaissance scientifique du virus et de ses conséquences a progressé. Les personnes séropositives peuvent vivre avec la maladie, si elles prennent leur traitement antirétroviral. Plus de quarante ans après la découverte de la maladie, les chercheurs travaillent à améliorer leurs conditions de vie. Cette problématique est l’objet d’une publication récente de l’Inserm. Avec des équipes de l’AP-HP, des chercheurs ont mené des recherches sur l’efficacité et la sécurité d’un régime intermittent, soit quatre jours de traitements et trois jours d’arrêt, par rapport à un régime continu standard, c’est-à-dire la prise quotidienne des médicaments. Leurs travaux sont parus dans The Lancet HIV. 

Pourquoi modifier le mode d'administration du traitement ? 

"L’amélioration de la vie des personnes vivant avec le VIH est l’un des axes actuels importants de recherche et l’allègement thérapeutique en fait partie", précise l’Inserm dans un communiqué. Réduire la durée des traitements permettrait de limiter la toxicité des médicaments sur le long terme, qui peuvent dégrader certains organes comme le coeur ou le foie. Cela a aussi pour but d’améliorer l’observance au traitement. 

Un traitement identique, une temporalité différente 

Une étude pilote a été menée en 2017 : elle a montré le succès thérapeutique du traitement par régime intermittent chez 96 % des patients après 48 semaines. Cette fois, les chercheurs ont inclus un échantillon de 636 adultes, infectés par le VIH-1, sous trithérapie antirétrovirale, ayant une charge virale inférieure à 50 copies/mL depuis au moins 12 mois, ne présentant pas de mutations de résistance à l’un des médicaments utilisés et n’ayant pas changé de traitement dans les quatre mois précédant l’inclusion. Les participants ont été suivis entre septembre 2017 et janvier 2018, dans 59 hôpitaux en France. Le Dr Pierre de Truchis, co-directeur de cette étude, précise : "Contrairement à d’autres approches de simplification, comme les études de bithérapie, cette stratégie utilise la même combinaison efficace et tolérée déjà en cours chez le patient, sans introduction de nouvelle molécule." Deux groupes de patients ont été constitués : 318 ont été répartis dans le groupe "intermittent", et 318 dans le groupe "continu".

Un régime intermittent efficace

Au bout de 48 semaines, 96 % des patients du groupe intermittent et 97 % du groupe continu demeuraient en "succès virologique", soit avec une charge virale inférieure à 50 copies/mL. Seuls 6 patients du groupe intermittent et 4 du groupe continu ont connu un échec virologique avec une charge virale supérieure à 50 copies/mL. Les effets indésirables sévères ont été observés chez 9 % des patients du groupe intermittent et 12 % des patients du groupe continu. Ce nouveau mode de traitement a permis une amélioration de son observance, et a été bien accueilli par les participants : 59 % des patients du groupe intermittent ont vu leur qualité de vie améliorée, contre 7 % du groupe continu. Si ce nouveau mode d'administration est prometteur, il faudra d'autres recherches pour confirmer ces résultats. "Des études virologiques et pharmacologiques supplémentaires, ainsi que l’efficacité à plus long terme (96 semaines) sont en cours d’analyse", indique le Dr Roland Landman, co-directeur de la recherche.

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