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Santé mentale

La pollution atmosphérique déprime les ados

Des taux d’ozone élevés sont associés à des risques accrus de symptômes dépressifs chez les adolescents, même lorsqu’ils ne dépassent pas les seuils légaux. 

La pollution atmosphérique déprime les ados ssuaphoto/istock


  • Publié le 15.03.2022 à 11h00
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L'ESSENTIEL
  • La pollution par particules fines serait responsable de 7 millions de décès par an
  • Dans les zones où le niveau d'ozone est élevé, on enregistre davantage de cas de dépression chez les adolescents

Neuf personnes sur dix respirent un air pollué dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé. Elle estime que sept millions de décès par an sont liés à l’exposition aux particules fines présentes dans l’air. Mais ce ne sont pas les seules conséquences de la pollution atmosphérique. Selon des travaux de l’American Psychological Association, elle peut avoir des conséquences sur la santé mentale des plus jeunes. 

Des symptômes dépressifs corrélés au lieu de vie 

Ces travaux ont été réalisés grâce à une étude précédente sur le stress chez les jeunes : elle rassemblait les données concernant plus de 200 adolescents, âgés de 9 à 13 ans. Les chercheurs ont comparé ces informations avec les adresses renseignées et les données sur la qualité de l’air dans ces zones, fournies par la California Environmental Protection Agency. Les adolescents qui vivaient dans des zones où les niveaux d'ozone étaient relativement plus élevés ont montré une augmentation significative des symptômes dépressifs au fil du temps, même si les niveaux d'ozone dans leur quartier ne dépassaient pas les normes régionales ou nationales de qualité de l'air. Parmi ces symptômes, il y a avait des sentiments persistants de tristesse ou de désespoir, des difficultés de concentration, des troubles du sommeil et des pensées suicidaires. Le sexe, l'âge, la race, le revenu du ménage, l'éducation des parents ou les caractéristiques socio-économiques des participants n’ont pas eu d’impact sur les données. 

Le temps passé dehors, un facteur déterminant ? 

"Nous avons été surpris car le niveau moyen d'ozone était assez bas, explique Erika Manczak, professeure adjointe de psychologie à l'Université de Denver, aux États-Unis. Cela souligne vraiment le fait que même de faibles niveaux d'exposition à l'ozone ont des effets potentiellement nocifs." L’ozone, comme d'autres polluants atmosphériques, peut augmenter les niveaux d'inflammation dans l’organisme, et ainsi contribuer au développement de la dépression. Selon les auteurs de cette étude, les adolescents peuvent être particulièrement sensibles à ces effets parce qu'ils passent plus de temps à l’extérieur. "Je pense que nos résultats témoignent vraiment de l'importance de prendre en compte l'impact de la pollution de l'air sur la santé mentale en plus de la santé physique", l’autrice principale. 

Une nécessaire amélioration de la qualité de l’air 

Les chercheurs soulignent qu’il est possible que d'autres composants de la pollution atmosphérique puissent être un facteur. En tous cas, ils estiment nécessaires de repenser les critères. "Je pense que les normes nationales et fédérales de qualité de l'air devraient être plus strictes et que nous devrions avoir des réglementations plus strictes sur les industries qui contribuent à la pollution", estime Erika Manczak. Elle met en avant quelques pistes pour contribuer : limiter la circulation lors des alertes à la pollution de l’air ou encore investir dans des sources d'énergie propres et renouvelables.

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