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Infanticide

Bébés congelés : comment ce geste peut s'expliquer ?

À Marolles-en-Brie (Val-de-Marne), une femme a été placée en garde à vue après que son compagnon a découvert les corps de deux nouveau-nés dans un congélateur de sa maison. Mais quelles peuvent être les raisons de cet acte ? Pourquoi des mères utilisent-elles ce moyen pour dissimuler des bébés ? Fanny Jacq, psychiatre spécialiste de la périnatalité et directrice santé mentale chez Qare, nous éclaire.

Bébés congelés : comment ce geste peut s'expliquer ? fizkes/iStock


  • Publié le 22.03.2022 à 19h00
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L'ESSENTIEL
  • Le 21 mars, les corps des deux nourrissons ont été autopsiés. Les bébés seraient décédés "par asphyxie" suite à une "pression".
  • Les nouveau-nés étaient ainsi viables à leur naissance, selon les experts qui n’ont pas pu indiquer leur âge et la date de leur mort.

Le 20 mars, un policier âgé d’une trentaine d’année retrouve deux bébés dans le congélateur du domicile où il vit avec sa compagne, un pavillon situé à Marolles-en-Brie dans le Val-de-Marne. Abasourdi après cette découverte matinale, il décide d’appeler les secours. Le policier a été pris en charge par les sapeurs-pompiers et a assuré aux enquêteurs qu’il n’était pas au courant de la grossesse de sa conjointe, ni de l’accouchement.

Sa compagne, âgée de 33 ans, est en garde à vue depuis dimanche, a indiqué le parquet de Créteil, contacté par l’AFP. Elle aurait expliqué avoir fait un déni de grossesse et donné naissance aux deux bébés après une liaison extraconjugale. Ainsi, son compagnon, le policier, ne serait pas le père de ses enfants, vraisemblablement des jumeaux. D’après les éléments recueillis par l'enquête qui a été confiée à la Brigade territoriale de protection de la famille, l’accusée a déjà un enfant né d’une union antérieure.

Le déni de grossesse en cause

D’après Fanny Jacq, psychiatre spécialiste de la périnatalité et directrice santé mentale chez Qare, l’abandon d’un bébé survient le plus souvent dans le cadre d’un déni de grossesse total, à savoir lorsque la femme accouche d’un enfant sans même savoir qu'elle était enceinte. "Dans ce cas, elle n’a pas le temps de s’organiser et de réfléchir à sa décision, car le bébé est déjà là", explique la spécialiste.

Lorsqu’il s’agit d’un déni de grossesse partiel et que la femme apprend qu’elle attend un bébé après le premier trimestre, "elle a quelques mois devant elle pour décider si elle garde l’enfant ou pas", poursuit Fanny Jacq. Durant cette période, la future mère peut s’intéresser aux différentes solutions possibles, par exemple accoucher sous X, faire adopter son bébé ou encore se tourner vers une interruption volontaire de grossesse.

Les grossesses rapprochées peuvent aussi conduire certaines mères à abandonner leur enfant. "Après avoir eu un bébé, certaines femmes souffrent de dépression post-partum sévère. Si à ce moment-là, elles tombent de nouveau enceintes, elles peuvent ne pas supporter -et notamment au moment de l'accouchement- le fait d’avoir un autre enfant. Avec l’épuisement et la chute hormonale, les mères peuvent décider d’abandonner leur nouveau-né", explique la psychiatre.

Pourquoi choisissent-elles de placer leur bébé dans un congélateur ?

À la fin de la grossesse, les futures mamans peuvent avoir des "idées délirantes" et se rendre compte qu’elles ne souhaitent pas avoir un bébé. Elles ne sont pas en mesure de lui faire de la place dans leur tête et dans leur foyer, mais elles veulent conserver un lien avec leur enfant après la naissance. "Ces femmes décident ainsi de placer leur enfant dans un congélateur pour le garder près d’elles, pour qu’ils ne souffrent pas et afin qu’ils meurent dans de ‘bonnes conditions’. Pour elles, cet acte est moins violent que de l’enterrer. En les mettant dans cet appareil ménager, elles ont moins conscience de tuer leur bébé", développe Fanny Jacq.

La spécialiste de la périnatalité ajoute que les mères qui mettent leur bébé vivant dans une poubelle, devant un hôpital ou sur le palier d’une maison, n’ont pas réellement l’intention de leur ôter la vie. Ces femmes leur donnent une possibilité de s’en sortir, tout en montrant qu’elles ne désirent pas ou ne peuvent pas le garder, car il est possible de retrouver le nourrisson. En revanche, les personnes qui tuent leur enfant puis les placent dans un sac-poubelle, "comme un déchet", sont souvent des sociopathes ou des psychopathes, car elles ne laissent aucune chance à leur bébé de rester en vie.

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