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Epuisement

Fatigue liée à la dépression : un dérèglement immunitaire ?

Des chercheurs allemands ont révélé que les troubles dépressifs étaient associés à une augmentation de la déformabilité des cellules immunitaires, ce qui pourrait expliquer pourquoi les patients touchés par cette maladie psychique sont épuisés.

Fatigue liée à  la dépression : un dérèglement immunitaire ? ismagilov/iStock


  • Publié le 06.05.2022 à 10h30
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L'ESSENTIEL
  • Le trouble dépressif concerne environ 15 à 20 % de la population générale.
  • Une maladie chronique, un handicap, une dépendance à l'alcool, au tabac ou une addiction à d'autres substances consommées pour atténuer des angoisses sont des facteurs favorisant l’apparition d'une dépression.

Tristesse constante, perte d’intérêt, dégradation du sommeil… Ces différents symptômes indiquent une dépression. Ce trouble psychique se manifeste également par une fatigabilité anormale. Selon une récente étude publiée dans la revue Translational Psychiatry, cette fatigue intense pourrait être provoquée par des déformations des cellules sanguines, causées par la dépression, qui affecteraient la réponse immunitaire de l'organisme. C’est ce qu’ont dévoilé des scientifiques de l’université technique de Dresde en Allemagne.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les échantillons sanguins de 69 personnes à haut risque de troubles dépressifs et 70 adultes en bonne santé. "Les principaux types de cellules sanguines ont été classés et les paramètres morpho-rhéologiques tels que la taille et la déformabilité de chaque cellule individuelle ont été quantifiés", ont précisé les auteurs.

Un lien entre la dépression et la déformation des cellules immunitaires

D’après les résultats, les cellules sanguines périphériques étaient plus déformables chez les patients atteints de troubles dépressifs par rapport aux sujets témoins, tandis que la taille des cellules n'était pas affectée. Selon les scientifiques, les adultes atteints de dépression persistante au cours de leur vie présentaient une déformabilité cellulaire accrue des monocytes et des neutrophiles. De même, les lymphocytes étaient plus déformables chez les participants souffrant d’un trouble dépressif pendant 12 mois.

"Si toutes les principales cellules sanguines ont tendance à être plus déformables, les lymphocytes, les monocytes et les neutrophiles sont les plus touchés. Ceci indique que des changements mécaniques des cellules immunitaires se produisent dans les troubles dépressifs", peut-on lire dans des travaux. Ces modifications des cellules sanguines peuvent entraîner une détérioration de la fonction cellulaire et expliquer l'épuisement général chez de nombreux patients dépressifs.

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