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Fédération Française de Cardiologie

Maladies cardiovasculaires : «les femmes ont des facteurs de risque spécifiques»

Infarctus du myocarde, AVC, angine de poitrine… La gent féminine est de plus en plus touchée par les pathologies cardiovasculaires et en meurt plus que les hommes. En cause : un mode de vie défavorable et une connaissance fragile des facteurs de risque propres aux femmes et des modes de prévention. 

Maladies cardiovasculaires : \ Povozniuk/iStock


  • Publié le 18.05.2022 à 15h30
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L'ESSENTIEL
  • Les maladies cardiovasculaires tuent six fois plus que le cancer du sein.
  • Ces dernières années, une baisse de la mortalité liée à ces pathologies a été observée d’une manière générale, tous sexes et âges confondus.
  • De nos jours, seulement 26 % des femmes bénéficient d’une réadaptation cardiaque, alors que cette dernière permet de réduire le risque de décès de 26 %.

"Durant mes études, on disait que les maladies cardiovasculaires concernaient les hommes et les patientes ménopausées. Pourtant, aujourd’hui, une nette progression du nombre de troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins, en particulier d’infarctus, est observée chez les femmes jeunes", déclare Alain Furber, chef du service cardiologie au CHU d’Anger et président de la Fédération Française de Cardiologie, lors d’un point presse le 17 mai. Dans un communiqué, l’association indique que cette hausse des cas chez la gent féminine peut s’expliquer par la priorisation des obligations familiales et professionnelles au détriment de leur santé ainsi que par une modification défavorable de leur mode de vie.

Les facteurs de risque spécifiques aux femmes

"Les femmes ont aussi des facteurs de risque spécifiques, s’ajoutant à ceux traditionnels qui sont plus nocifs chez elles", précise le professeur. D’après Catherine Monpere, cardiologue et co-présidente de le Commission Cœur de Femmes, les causes qui peuvent déclencher l’apparition des maladies cardiovasculaires chez la gent féminine sont un choc émotionnel, un stress majeur, un effort intense (sport, accouchement), la prise d’hormone contraceptive et les changements hormonaux durant la grossesse et la ménopause.

Virginie, une mère de famille de 44 ans, pense que son infarctus du myocarde a été provoqué par deux principales causes. "Quand j’ai fait ma crise cardiaque, un an auparavant, j’étais en surpoids et très stressée en raison de la reprise de mes études", confie l’infirmière au bloc opération d’un centre hospitalier. Elle ajoute que son mode de vie sédentaire et les antécédents d’anévrisme dans sa famille ont pu également entraîner la survenue de sa crise cardiaque.

Quant à Francine, une patiente âgée de 62 ans, elle a fait une crise cardiaque lorsqu’elle avait 59 ans. Contrairement à Virginie, elle n’avait aucun facteur de risque, ni d’antécédents familiaux, mais elle a tenu un bar tabac PMU pendant 24 ans avec son mari. Selon les spécialistes qu’elle a consultés, son infarctus a été causé par le tabagisme passif.

"Les symptômes deviennent de plus en plus atypiques avec l’âge"

Selon la Fédération Française de Cardiologie, l’augmentation des maladies cardiovasculaires chez les femmes peut également être due à l’ignorance ou la sous-estimation des symptômes. Catherine Monpere explique que 80 % des signes qui apparaissent chez les femmes sont similaires aux manifestations qui se présentent chez les hommes. "Les symptômes deviennent de plus en plus atypiques avec l’âge chez les patientes", spécifie Alain Furber.

Dans le cas de Virginie, les signes sont survenus après une séance de sport. "Après avoir fait de l’exercice, je sentais que j’étais essoufflé. J’ai éternué puis j’ai ressenti un claquement au niveau de mon thorax. Peu de temps après, j’avais mal au bras et à l’épaule gauche. Je pensais que ces symptômes étaient liés au stress. Ma fille m’a incité à me rendre aux urgences", raconte-t-elle.

À l’hôpital, elle a réalisé un électrocardiogramme et une échographie cardiaque. Verdict : "tout était normal. Jusqu’à ce que les médecins constatent qu’il y avait un problème concernant mes niveaux des troponines (des protéines qui entrent dans la constitution des fibres musculaires et régulent leur contraction)", poursuit la quadragénaire. Après d’autres examens, les praticiens lui annoncent qu’elle présente une dissection spontanée de l'artère coronaire, un type de crise cardiaque.

L’infarctus du myocarde s’est manifesté différemment chez Francine. "J’avais de plus en plus de mal à monter les escaliers et j’avais une douleur le long des côtes, puis une impression de brûlure sous les bras qui finissait dans le dos. J’avais également du mal à porter mes deux sacs", se souvient l’ancienne serveuse. Au bout d’un certain temps, elle se rend chez son praticien qui lui prescrit une batterie d’examens. "Le médecin me dit qu’il pilote désormais mon activité professionnelle. Deux heures après avoir fait les examens, il m’appelle et exige que j’aille aux urgences, car je faisais une crise cardiaque", développe la sexagénaire. Tout comme Virginie, son taux de troponines était anormal.

"Le passage au centre de réadaptation a été salvateur"

Après avoir fait son infarctus, Virginie a du prendre des médicaments antiagrégants afin que son artère puisse cicatriser. Les professionnels de santé lui ont également prescrit une "réadaptation cardiaque". En clair, elle s’est rendue à des ateliers à plusieurs reprises dans un centre hospitalier pendant six semaines, où elle a été suivie et accompagnée par des infirmières, un kinésithérapeute, un psychologue, un diététicien et d’autres spécialistes. "Le passage au centre de réadaptation a été salvateur tant sur le plan médical que personnel. J’ai apprécié l’accompagnement psychologique, car j’ai beaucoup culpabilisée d’avoir mis la barre haute. J’ai appris à prendre soin de moi, à m’écouter plus et à dompter mon stress", explique la mère de famille, qui fait désormais de l’aviron et du rameur.

Francine a, elle, bénéficié de deux stents, un minuscule tube expansible qui maintient l'artère ouverte. "Je suis passé de 16 médicaments par jour à un doliprane à l’année. C’était un cap à passer", déclare-t-elle. Au bout d’un an, elle reprend le sport avec le Club Cœur et Santé de la fédération, sous l’œil vigilant de son cardiologue. Contrairement à Virginie, elle n’a pas pu avoir une "réadaptation cardiaque". "J’étais contente, car pour moi, cela signifiait que j’allais bien. Mais lorsque je voulais faire certaines activités physiques, comme le vélo elliptique, je ne savais pas si j’étais autorisé à le faire. J’aurais bien aimé être accompagnée après avoir fait ma crise cardiaque", s’exclame la marcheuse assidue du club.

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