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Enjeu de santé publique

La pollution de l’air responsable d’arythmies potentiellement mortelles

Une nouvelle étude établit un lien entre les niveaux élevés de pollution aux particules fines et le risque d’arythmie ventriculaire, un trouble cardiaque qui peut s’avérer mortel dans les cas les plus graves.

La pollution de l’air responsable d’arythmies potentiellement mortelles Delpixart/iStock


  • Publié le 21.05.2022 à 16h00
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L'ESSENTIEL
  • La fibrillation ventriculaire (FV) est un trouble du rythme cardiaque correspondant à la contraction rapide, désorganisée et inefficace des ventricules cardiaques.
  • Lors d'une FV, la perte de conscience est généralement immédiate. C'est une cause, sinon la principale cause d'arrêt cardiaque et de mort subite.
  • Sans intervention médicale spécialisée, la mort survient en quelques minutes si aucun traitement n'est administré.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la pollution de l’air extérieur est responsable chaque année de 4,2 millions de décès. Près d’un décès par maladie cardiovasculaire sur cinq est dû à la pollution de l'air, qui a été classée quatrième facteur de risque de mortalité après l'hypertension artérielle, le tabagisme et une mauvaise alimentation.

Parmi les risques cardiovasculaires liés à la pollution atmosphérique, se trouve les arythmies ventriculaires (tachycardie ventriculaire et fibrillation ventriculaire), liées à une contraction irrégulière des ventricules du cœur. La fibrillation ventriculaire est la forme d’arythmie la plus dangereuse car, à terme, les ventricules du cœur perdent leur capacité de se contracter, ce qui interrompt la circulation du sang dans le corps et le cerveau.

Une nouvelle étude présentée à Heart Failure, un congrès scientifique de la Société européenne de cardiologie (ESC) met en lumière le lien entre pollution de l’air et risque de développer ce type d’arythmie potentiellement mortelle. Elle a été menée chez des patients porteurs d'un défibrillateur cardioverteur implantable (DCI), ce qui a permis aux auteurs de suivre l'apparition des arythmies et l'administration d’un traitement.

"Notre étude suggère que les personnes présentant un risque élevé d'arythmie ventriculaire, comme celles équipées d'un DCI, devraient vérifier les niveaux de pollution quotidiens", a déclaré le Dr Alessia Zanni, auteur de l'étude, qui travaille actuellement à l'hôpital Maggiore de Bologne.

Un lien significatif entre particules fines et arythmies ventriculaires

Cette étude a examiné la relation entre la pollution atmosphérique et les arythmies ventriculaires à Plaisance. Cette ville située dans le nord de l'Italie été classée 307e sur 323 par l'Agence européenne pour l'environnement pour les concentrations moyennes annuelles de particules fines PM2,5 en 2019 et 2020, avec un chiffre de 20,8 μg/m34.

L'étude a porté sur 146 patients consécutifs qui ont reçu un DCI entre janvier 2013 et décembre 2017. "Nous avions observé que les visites aux urgences pour des arythmies chez les patients porteurs de DCI avaient tendance à se regrouper les jours où la pollution atmosphérique était particulièrement élevée, note le Dr Zanni. Nous avons donc décidé de comparer la concentration de polluants atmosphériques les jours où les patients présentaient une arythmie par rapport aux niveaux de pollution les jours sans arythmie."

Au total, 440 arythmies ventriculaires ont été enregistrées pendant la période d'étude, dont 322 ont été traitées par stimulation antitachycardique et 118 par un choc. Les résultats obtenus montrent une association significative entre les niveaux de particules fines PM2,5 et les arythmies ventriculaires traitées par chocs. Pour chaque augmentation de 1 μg/m3 de PM2,5, le risque de faire une arythmie ventriculaire augmente de 1,5 %.

Les chercheurs ont également constaté que lorsque les concentrations de PM2,5 étaient élevées de 1 μg/m3 pendant toute une semaine, par rapport aux niveaux moyens, la probabilité d'arythmie ventriculaire était plus élevée de 2,4 %, quelle que soit la température. Lorsque les PM10 étaient supérieures de 1 μg/m3 à la moyenne pendant une semaine, il y avait un risque accru de 2,1 % d'arythmies.

Une inflammation aiguë du rythme cardiaque

"Les particules peuvent provoquer une inflammation aiguë du muscle cardiaque qui pourrait agir comme un déclencheur d'arythmies cardiaques, estime le Dr Zanni. Comme ces particules toxiques sont émises par les centrales électriques, les industries et les voitures, des projets verts sont nécessaires pour protéger la santé, en plus des mesures que les individus peuvent prendre pour se protéger eux-mêmes."

Selon la médecin, "ces données confirment que la pollution environnementale n'est pas seulement une urgence climatique mais aussi un problème de santé publique". "Cette bataille peut être gagnée par une alliance entre les sociétés scientifiques et les politiques pour protéger non seulement l'environnement mais aussi la santé de la population humaine", conclut-elle.

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