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Dépression du post-partum : les pères aussi sont touchés

Les femmes ne sont pas les seules à souffrir de dépression après la naissance d’un bébé : les hommes, surtout jeunes, sont aussi concernés. Les chercheurs appellent à une prise de conscience.

Dépression du post-partum : les pères aussi sont touchés Luis Hidalgo/AP/SIPA




La dépression du post-partum est bien connue… son équivalent chez les pères un peu moins. C’est une réalité souvent sous-estimée, mais les jeunes papas connaissent la dépression, signale une étude de la Northwestern University (Illinois, Etats-Unis). Parue dans Pediatrics ce 14 avril, elle montre que les hommes jeunes manifestent des symptômes dépressifs pendant la période clé du développement de l’enfant.

 

68% de dépressions en plus

Plus de 10 000 jeunes hommes, suivis de l’adolescence à l’âge adulte, ont participé à cette étude en plusieurs vagues. Dans la plus récente, ils étaient âgés de 24 à 32 ans. Un tiers d’entre eux connaissait déjà les joies de la paternité… ou du moins ceux qui n’ont pas présenté de signes de dépression. « Il n’y a pas que les jeunes mères qu’il faut examiner, les pères aussi sont à risque de dépression », alerte le Dr Craig Garfield, auteur principal de l’étude. Les hommes devenus pères autour de 25 ans étaient 68% plus touchés par la dépression paternelle que les autres.

 

La plupart du temps, les pères vivaient avec leur enfant. Paradoxalement, les jeunes parents séparés de leur progéniture montraient moins de symptômes dépressifs. La mécanique était même inverse : les hommes étaient dépressifs avant la naissance, et se portaient mieux après l’accouchement. Des résultats significatifs, car ils permettent de mieux adapter les approches pour traiter rapidement la dépression paternelle chez les jeunes hommes. « La dépression parentale a des effets néfastes sur l’enfant, particulièrement pendant les premières années, qui ont un rôle clé dans la formation du lien parent-enfant », souligne le Dr Garfield. « Nous devons mieux travailler à accompagner les jeunes pères dans la transition à travers cette période. »

 

Un « cri d’alarme »

Le comportement des pères est altéré par la dépression… et l’impact sur l’enfant est immédiat. Des études précédentes l’ont montré : les pères dépressifs lisent moins, interagissent moins avec leur enfant et recourent plus aux châtiments corporels. Ils sont aussi plus nombreux à souffrir de stress et négliger leur progéniture. Les enfants dont le père est dépressif présentent aussi des troubles du développement. On observe chez eux plus de difficultés au langage et à la lecture, mais aussi de troubles du comportement. Voilà qui devrait constituer un sérieux avertissement aux yeux des chercheurs, qui connaissaient la dépression paternelle mais ne savaient pas « où concentrer [leur] énergie. »

« Cette étude est un cri d’alarme à quiconque connaît un jeune homme récemment devenu père. Soyez conscient de la manière dont il gère la transition vers la paternité. S’il se sent très anxieux, ou a des coups de blues, s’il ne peut plus apprécier les choses de la vie comme avant, poussez-le à chercher de l’aide », martèle le Dr Garfield.

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