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Hyperactivité : les recommandations «Bisounours» de la HAS

       





Prise en charge post-infarctus, traitement médicamenteux du diabète, grossesses à risque, etc : les sujets sur lesquels la Haute Autorité de Santé émet régulièrement des recommandations sont divers et variés. Mais celles rendues publiques ce matin concernent un sujet délicat, voire polémique : le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), souvent réduit à "hyperactivité".

 

Ces recommandations s'adressent en premier lieu aux médecins de premier recours, généralistes ou pédiatres. La HAS souligne que ce sont ces praticiens qui jouent un rôle central dans le répérage du trouble, bien qu'elle estime que les médecins ne soient pas toujours bien formés sur le TDAH. Mais les voix des professionnels qui s'élèvent dans la presse aujourd'hui remettent en cause le pragmatisme des recommandations. Pas sûr que les médecins soient mieux armés après avoir lu le document de la HAS qu'avant. « Le document est pas mal, il est ouvert mais, après la bataille sur l'autisme, il a un côté un peu Bisounours : tout est bien et tout le monde a raison », commente dans les colonnes de Libération Bruno Falissard, président de l'Association mondiale de la pédopsychiatrie.

 

Les experts de la HAS sont en effet très prudents. Ils insistent avant tout sur le fait que le TDAH n'est pas une maladie mais « plutôt un syndrome associant trois symptômes, dont l'intensité varie selon la personne ». Et parmi ces symptômes, l'hyperactivité motrice ne serait pas le plus important, ce sont les troubles de l'attention qui seraient bien plus prépondérants ; s'y ajoute l' « impulsivité ». « Un enfant hyperactif, ce n’est pas le gamin “dans la lune” ou celui, turbulent, qui va perturber la classe. Le diagnostic de ce trouble repose sur un ensemble de symptômes précis qui persistent dans la durée et affectent la vie de l’enfant », explique dans La Croix le docteur Cédric Grouchka, membre du Collège de la Haute Autorité de santé (HAS).

 

Si « le diagnostic du TDAH est complexe », comme l'admet la HAS dans ces recommandations, ce serait, selon le Dr Patrick Landman, psychiatre et psychanalyste, parce que « le TDAH n'existe pas scientifiquement ». Le président de l'association Stop DSM insiste dans Le Figaro et Libération sur le fait que « rien n'a été découvert, ni en génétique, ni en biochimie, ni en imagerie ». Il dit craindre pour sa part une « épidémie de diagnostics d'hyperactivité ».

 

Les médecins interviewés dans les quotidiens nationaux reconnaissent cependant l'« ouverture » de la HAS quant aux prises en charge proposées. Toutes sont évoquées et l'accent est mis sur « la prise en charge non médicamenteuse ». Quant au traitement médicamenteux par méthylphénidate (plus connu sous le nom commercial Ritaline), la HAS ne l'envisage que si les autres mesures se sont révélées insuffisantes. Mais Bruno Falissard met en garde dans Libération contre le « danger de surconsommation », soulignant que les ventes du médicament sont en hausse constante. « La Ritaline, ça marche mais on sait pas pourquoi », conclut le médecin.

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