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Cancer du sein : la grossesse n'aggrave pas le pronostic

Cancer plus agressif à cause des hormones, danger pour le fœtus... le traitement d’une tumeur du sein pendant la grossesse véhicule des idées reçues. Pourtant, une étude vient de confirmer que le pronostic est le même, que les femmes traitées soient enceintes ou non.

Cancer du sein : la grossesse n\'aggrave pas le pronostic WIDMANN PETER/TPH/SIPA

  • Publié le 04.05.2013 à 23h56
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Repousser l'âge de sa première grossesse conduit certaines femmes à vivre une épreuve particulièrement cruelle : l'arrivée d'un enfant et l’annonce d’un cancer.  En effet, à 35 ans, seulement 2% des femmes souffrent d'un cancer du sein mais avec les années, le chiffre progresse. Chaque année, en France, ce sont donc 500 femmes qui vivraient cette situation dramatique. Or, pendant longtemps, le traitement des femmes enceintes atteintes d’un cancer a pâti de nombreuses idées reçues : le cancer, « stimulé » par les changements hormonaux de la grossesse, était considéré plus agressif ou encore, la chimiothérapie n’aurait pas été compatible avec la bonne santé du fœtus.

Une étude scientifique de grande ampleur, publiée le 22 avril dernier, dans le Journal of Clinical Oncology, bat en brèche cette contre-vérité. Elle a comparé plus de 300 femmes chez lesquelles on avait diagnostiqué un cancer du sein pendant la grossesse à plus de 860 femmes non enceintes. La conclusion en est que « la grossesse ne provoque pas de risque supplémentaire de décéder du cancer du sein, explique Frédéric Amant, de l’Université de Leuven (Belgique), auteur principal de l’étude. Mettre fin à une grossesse n’est donc pas nécessaire, cela n’influence pas les chances de la mère.» En d’autres termes, le traitement du cancer du sein pendant la grossesse ne compromet pas le pronostic des femmes.

Quant aux bébés, pas de risque de ce côté non plus. Frédéric Amant et d’autres auteurs avaient par ailleurs publié un travail dans le Lancet en février 2012, montrant que le traitement contre le cancer n’avait pas de conséquence délétère sur le fœtus. Le Pr Roman Rouzier, gynécologue-obstétricien et cancérologue, confirme l’information : la science possède notamment une trentaine d’années de recul sur les enfants des femmes atteintes de leucémie qui avaient subi une chimiothérapie pendant leur grossesse.


Ecoutez le Pr Roman Rouzier, créateur du centre Cancer et grossesse : « Les produits [de chimiothérapie] ne passent pas la barrière placentaire. Le traitement de référence n’est certainement pas d’interrompre la grossesse, mais de traiter la patiente. »


 

 

La prise en charge doit toutefois être adaptée, précise le Pr Rouzier. C’est d’ailleurs pour optimiser les prises en charge, dont les traitements sont codifiés depuis 2008, qu’a été créé le centre Cancer et grossesse à l’hôpital Tenon (Paris), où patients et médecins peuvent se référer et demander conseil. Notamment, la chimiothérapie ne peut pas être faite lors du premier trimestre de grossesse.

En revanche, le danger se niche là où on ne l’attend pas forcément. Le dépistage du cancer du sein pendant la grossesse fait l’objet d’un retard de diagnostic. Pis, ce retard diagnostic du cancer du sein perdure après la grossesse et là, pour le coup il existe un surrisque. L’étude du Journal of Clinical Oncology en confirme l’existence, d’une durée encore difficile à chiffrer pouvant aller jusqu’à 10 ans. En 2010, une étude présentée à la Conférence européenne sur le cancer montrait que les femmes diagnostiquées avec un cancer du sein dans les 12 mois suivant leur accouchement présentaient un risque accru de décès presque multiplié par deux par rapport aux autres femmes jeunes touchées par un cancer du sein.


Ecoutez le Pr Roman Rouzier : « Soyez vigilants ! Lorsqu’une femme enceinte arrive et qu’elle a un nodule, il faut la prendre en charge. »


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