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Maladie de Vaquez : la polyglobulie augmente le risque de thromboses

Maladie de Vaquez : la polyglobulie augmente le risque de thromboses

Maladie de Vaquez : la polyglobulie augmente le risque de thromboses
Design Cells/iStock

La maladie de Vaquez, ou polyglobulie primitive, correspond à une augmentation non régulée des globules rouges dans le sang. Provoquée par une anomalie génétique, elle s’inscrit dans le cadre des syndromes myéloprolifératifs et expose à un risque majeur de thrombose.

Maladie de Vaquez : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

Un ulcère gastroduodénal est un terme qui englobe les ulcères de l'estomac, dit gastriques, et ceux du duodénum car les maladies sont proches.
L’estomac est normalement protégé du suc gastrique acide par un mucus
Le duodénum est la première partie de l'intestin grêle après l'estomac
Helicobacter pylori est une bactérie capable de donner une infection aiguë et chronique de l’estomac et du duodénum.

Qu'est-ce qu’une maladie de Vaquez ?

La maladie de Vaquez (MV) ou « polyglobulie primitive » est un « syndrome myéloprolifératif chromosome Philadelphie négatif » (Phi-) qui aboutit à fabriquer trop de globules rouges en l’absence d’augmentation de l’érythropoïétine (ou EPO), contrairement à la polyglobulie secondaire où il existe une augmentation de l’EPO. Il arrive parfois que le corps fabrique en même temps trop de globules blancs ou de plaquettes (prolifération des 3 lignées médullaires).
C’est une maladie hématologique chronique qui se développe lentement au cours du temps et dont la survie médiane dépasse les 14 ans. Les progrès des traitements ont été nombreux.
L’âge moyen des personnes qui ont un diagnostic de maladie de Vaquez est de 60 à 65 ans ; elle est peu fréquente avant 40 ans. Elle affecte plus souvent l’homme (sex ratio = 1,2) et la plupart des personnes atteintes n’ont pas d’antécédents familiaux de la maladie.

Quels sont les signes de la maladie de Vaquez ?

Souvent, la maladie de Vaquez évolue progressivement et ne cause aucun signe avec peu de symptômes évocateurs aux tous premiers stades de la maladie. Le diagnostic est fait à l’occasion d’une prise de sang réalisée lors d’un bilan (hématocrite supérieur à 54 % chez l’homme et 47 % chez la femme).
Les symptômes peuvent apparaître quand trop de globules rouges s’accumulent dans le sang. Souvent insidieux au début, les signes sont principalement de type neurosensoriel : maux de tête (céphalées), étourdissements, vertiges, bourdonnements d’oreille (acouphènes), fourmillements au bout des doigts (paresthésies) et troubles visuels à type de mouches volant devant les yeux. L’excès de ces cellules s’accompagne progressivement d’une coloration rouge permanente (érythrose) prédominant au visage et aux mains : sur la peau (visage, paumes, lit des ongles), les muqueuses et les conjonctives. Il peut exister également un signe plus caractéristique : de fortes démangeaisons de la peau lors de la douche ou du bain (« prurit à l’eau »).
L’excès de globules rouges et de plaquettes est capable d’augmenter la viscosité du sang (syndrome d’hyperviscosité) avec un risque de thrombose artérielles (dans les artères cérébro-vasculaires…), mais aussi d'embolie pulmonaire, de thromboses veineuses en particulier profondes, de thrombose des veines digestives (thrombose portale et syndrome de Budd-Chiari), de saignements en particulier gingivaux, d'ecchymoses et d'hémorragies digestives.
Les « crises érythromyalgiques » sont un tableau clinique assez évocateur mais inconstant de la maladie de Vaquez : il s’agit d’épisodes douloureux des extrémités des pieds ou des mains qui s’accompagnent de rougeurs et de sensation de brûlures.
Une augmentation du nombre de globules blancs peut s’y associer dans le cadre d’un syndrome myéloprolifératif, avec une augmentation du volume de la rate (splénomégalie) dans 50 à 75 % des cas et une augmentation de l’acide urique dans le sang (hyperuricémie) qui expose à des crises de goutte.

Pourquoi certaines personnes ont une Maladie de Vaquez ?

La polyglobulie primitive est caractérisée par une hyperproduction de globules rouges par la moelle osseuse. Les symptômes sont dus à l'hyperviscosité sanguine qui perturbe la microcirculation, à cause de cette augmentation des éléments cellulaires du sang. Ce phénomène est lié à la présence, à l’intérieur des cellules malades, d’une protéine mutée, la protéine JAK2, qui entraîne une prolifération dérégulée d’un clone de cellules « précurseurs » des globules rouges (ou « progéniteurs »). L'origine exacte de cette émergence clonale est encore débattue, mais une mutation somatique (JAK2-V617F) dans l'exon 14 du gène JAK2 (9p24) est retrouvé dans la majorité des cas et parfois dans l'exon 12 de JAK2.
La cause de cette mutation génétique est inconnue.

Quelles sont les complications de la maladie de Vaquez ?

Le syndrome d’hyperviscosité expose les malades à un risque majeur de thromboses artérielles (dans les artères cérébro-vasculaires, myocardiques ou périphériques), et donc d'angor, de claudication intermittente des membres inférieurs… Mais il expose aussi à une augmentation du risque de thromboses veineuses d'embolie pulmonaire et de thromboses veineuses profondes, dans les veines du système digestif (thrombose splanchnique) avec des thromboses de la veine porte du foie et un syndrome de Budd-Chiari. Deux éléments sont importants pour évaluer le risque de thrombose : un âge supérieur ou inférieur à 60 ans et l’existence ou l’absence d’antécédents de thromboses. Mais les thromboses sont d’autant plus à craindre que des facteurs de risque sont associés (tabagisme, diabète, HTA, obésité…).
Paradoxalement, il existe aussi une augmentation du risque de saignements, en particulier des gencives, sous la peau (ecchymoses), ainsi que d'hémorragies digestives. A un stade avancé de la maladie, une fibrose de la moelle osseuse (« myélofibrose ») peut apparaître, ce qui risque d’entraîner une anémie et une diminution des plaquettes. Il existe également à long terme un risque rare d’évolution vers une leucémie aiguë ou un syndrome myélodysplasique. Les anciens traitements (Phosphore 32, agents alkykants) augmentaient le risque de transformation en leucémie aiguë myéloblastique ou syndrome myélodysplasique, alors que l'hydroxyurée ne semble pas leucémogène (c'est un agent myélosuppresseur non alkylant, qui a un effet cytotoxique en inhibant la synthèse de l'ADN). Il en est de même pour les traitements modernes comme le ruxolitinib.

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