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Chikungunya : des douleurs articulaires aiguës d’origine virale

Chikungunya : des douleurs articulaires aiguës d’origine virale

Publié le 27.08.2019
Chikungunya : des douleurs articulaires aiguës d’origine virale
AbelBrata/iStock

Le Chikungunya est une infection virale transmise à l’homme par des moustiques dont certains sont en France. Survenant par épidémie, cette arbovirose provoque de la fièvre et des douleurs articulaires aiguës qui peuvent être intenses et persistantes.

Chikungunya : COMPRENDRE

Des mots pour les maux

Le nom de « Chikungunya » vient d'un mot des langues de l’Afrique de l’est où la première épidémie y a été décrite et qui signifie « devenir tordu », décrivant ainsi l'apparence penchée en avant des personnes qui souffrent de ces douleurs articulaires intenses.

Une « arbovirose » est une infection virale transmise par la piqûre d’un insecte (de l’anglais Arthropode Born virus).

Une arthralgie est une douleur articulaire sans gonflement de l’articulation.

Une arthrite est une douleur articulaire qui s’accompagne d’un gonflement de la membrane synoviale articulaire (« synovite ») et d’un épanchement de liquide à l’intérieur de l’articulation.

Qu'est-ce que le Chikungunya ?

Le Chikungunya est une infection virale aiguë transmise par la piqûre de certains moustiques infectés en zone tropicale. Cette « arbovirose » a été décrite pour la première fois à l'occasion d'une épidémie dans le sud de la Tanzanie en 1952. L’infection aiguë peut être asymptomatique ou pauci-symptomatique mais s’accompagne généralement de fièvre, de maux de tête et surtout de douleurs des articulations et des muscles, qui peuvent être intenses et conduire à une incapacité parfois complète. 

Cette infection, traditionnellement tropicale, s’est depuis étendue à d’autres régions du monde comme la Réunion et les Antilles, mais aussi en Europe (Italie et sud-est de la France où l’un de ses vecteurs est désormais présent). 

Après un délai d’incubation de 4 à 7 jours, l’infection par le virus Chikungunya débute par une fièvre et entraine rapidement des douleurs articulaires intenses, souvent très invalidantes, et touchant principalement les petites articulations (poignets, doigts, chevilles, pieds) et les genoux mais plus rarement, les hanches ou les épaules. 

A cette atteinte articulaire fébrile s’associent fréquemment des maux de tête, des douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée (exanthème maculo-papuleux = plaques rouges en léger relief) au niveau du tronc et des membres. Peuvent aussi être retrouvées : un gonflement inflammatoire d’un ou plusieurs ganglions lymphatiques au niveau du cou ou une irritation avec rougeur des yeux (« conjonctivite). Des saignements des gencives ou du nez ont en outre été décrits en Asie.

Habituellement, la rémission des symptômes cliniques est assez rapide avec la disparition en quelques jours de la fièvre et des manifestations cutanées mais les signes articulaires peuvent persister sur plusieurs semaines, voire mois ou années. 

Quelles sont les causes du Chikungunya ?

Le virus Chikungunya est un arbovirus (virus transmis par les arthropodes) qui est transmis d’un être humain à l’autre par la piqûre des moustiques femelles du genre Aedes. Il s’agit d’un « alphavirus » de la famille des « togaviridés ». 

Alors que le moustique vecteur principal, Aedes aegypti, n’est pas retrouvé en France métropolitaine (présence aux Antilles Françaises et en Guyane), il existe des foyers de son vecteur secondaire, Aedes albopictus (ou moustique tigre), aux Antilles, à la Réunion et dans le sud-est de la France où des cas de transmission autochtone ont été décrits. 

Les deux espèces incriminées de moustiques vecteurs sont Aedes aegypti et Aedes albopictus (moustique tigre). Ces moustiques sont très silencieux, leur piqûre n’est pas forcément douloureuse et ils sont susceptibles de piquer pendant la journée, bien que leur activité maximale se situe surtout tôt le matin et en fin d'après-midi. Les deux espèces piquent à l'extérieur, mais Aedes aegypti le fait aussi volontiers à l'intérieur des bâtiments. Les moustiques du genre Aedes sont identifiables grâce à la présence de rayures noires et blanches. Ces deux moustiques sont également impliqués dans la transmission d’autres arbovirus, et en particulier la dengue, la fièvre jaune et l’infection à virus Zika.

Le Chikungunya a été identifié dans une soixantaine de pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe, mais aussi des Amériques. Aedes albopictus est présent dans le sud de la France et Aedes aegypti dans les départements ultramarins (Antilles, Guyane), la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. 

Quelles sont les complications du Chikungunya ?

Alors que les formes sévères de Chikungunya ne sont que rarement décrites dans les zones historiques de l’infection endémique (Afrique, Asie), l’épidémie de 2005 sur l’Ile de La Réunion a permis de démontrer la possibilité de formes neurologiques graves, notamment des méningo-encéphalites et des atteintes périphériques : polyradiculonévrite ou syndrome de Guillain-Barré, et atteinte neuro-ophtalmique chez l’adulte. Ces formes graves sont principalement rencontrées chez des personnes âgées, ou au système immunitaire affaibli, et chez des nouveaux-nés, infectés in utero, lors de l'infection de la mère (transmission mère-enfant).

En revanche, et à la différence de la dengue, il ne semble pas que l’infection par le virus Chikungunya soit la cause directe des quelques cas mortels rapportés lors des épidémies.

Dans un nombre non négligeable de cas, l’atteinte articulaire (arthralgie ou arthrite) peut durer sur un mode subaigu ou chronique pendant plusieurs mois ou années, et ceci d’autant plus fréquemment que l’âge du malade augmente : selon une étude rétrospective sud-africaine, elle concernerait 10% des patients, 3 à 5 ans après une infection aiguë au virus Chikungunya. Des formes douloureuses diffuses chroniques (« fibromyalgie ») ont également été décrites, de même, une hypersensibilité secondaire aux douleurs d’arthrose a été rapportée.

Enfin, le principal problème de ces formes articulaires chroniques est de faire la différence avec l’apparition fortuite d’un rhumatisme articulaire chronique d’origine auto-immune (polyarthrite rhumatoïde, lupus…) dont le diagnostic précoce est essentiel afin de mettre en place un traitement adapté pour en éviter les complications.

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