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Angine et mal de gorge de l'adulte : la majorité ne nécessite pas d'antibiotique
Angine et mal de gorge de l'adulte : la majorité ne nécessite pas d'antibiotique
Publié le 06.11.2017
Mise à jour 13.01.2018
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Angine et mal de gorge de l'adulte : la majorité ne nécessite pas d'antibiotique
Khosrork/iStock

Angine et mal de gorge de l'adulte : TRAITEMENT

Quel est le traitement de l’angine ?

Le traitement de l’angine est fonction du type de germe impliqué dans l'infection. La plupart du temps, aucun antibiotique n’est nécessaire d’emblée, mais il faudra surveiller le malade, car un antibiotique pourra être nécessaire secondairement, en cas d’évolution défavorable.
•Dans la majorité des cas, l'angine est virale et le traitement est uniquement « symptomatique » d’emblée.
Les médicaments antalgiques et antipyrétiques (doliprane, ibuprofène) permettent de contrôler la douleur et la fièvre.
Il est possible de sucer des pastilles ou de prendre des sprays pour calmer la douleur (par exemple : Hextril® collutoire).
Si les amygdales sont très gonflées, manger un peu de glace permet de les décongestionner. Les signes vont s’atténuer et disparaître en quelques jours.
•Dans environ 15 à 20 % des cas, une bactérie, le Streptocoque du groupe A, est responsable de l’angine.
Un traitement antibiotique est alors indispensable pour éradiquer ce germe car il existe un risque de développer un rhumatisme articulaire aigu (RAA) ou une autre complication streptococcique. L'antibiotique couramment prescrit est une pénicilline, l'amoxicilline pendant 6 jours, une durée de traitement à respecter absolument pour éviter les complications de RAA. En cas d'allergie à la pénicilline, le médecin prescrit un macrolide.
Dans les angines vésiculeuses, le traitement est également symptomatique avec des gargarismes pour prévenir une surinfection des ulcérations.
Dans les autres cas, angines pseudomembraneuses ou ulcéronécrotiques, le malade sera souvent hospitalisé en raison des maladies associées.

Quelles sont les complications de l’angine ?

Une angine doit toujours être surveillée car la propagation de l’infection autour de l’amygdale peut se produire.
• Cette propagation de l’infection peut être locorégionale : quelle que soit la localisation, la présentation clinique s’aggrave : la douleur à la déglutition (« dysphagie ») se majore avec apparition d’une hypersalivation (« hypersialorrhée »), de douleurs cervicales, l’installation d’un essoufflement et d’une fièvre élevée altérant de l’état général.
Il peut s’agir d’un « phlegmon péri-amygdalien » qui réalise une collection de pus dans l’espace où se tient l’amygdale (la « loge amygdalienne ») : il se caractérise par une fièvre élevée, une dysphagie très douloureuse avec hyper-salivation (« hypersialorrhée »), parfois même une impossibilité de l’alimentation (« aphagie »), une douleur de l’oreille (« otalgie »), une contracture de la mâchoire (« trismus »). Un bombement d’un côté de la gorge refoule l’amygdale et la luette est œdématiée, repoussée du côté opposé. Plusieurs ganglions inflammatoires siègent dans la région sous angulo-maxillaire. L’antibiothérapie sera débutée avec une céphalosporine de 3ème génération par voie intraveineuse et en milieu hospitalier. En l’absence d’évolution favorable sera indiqué un drainage chirurgical avec prélèvement bactériologique du pus (anaérobies, streptocoque, entérocoque, staphylocoque doré).
L’abcès rétropharyngé est situé dans l’espace en arrière de la gorge (espace « rétropharyngé »). Les douleurs du cou sont intenses avec un torticolis et l’alimentation est impossible. A l’examen, il existe une voussure de la paroi postérieure de la gorge. Les complications de cet abcès sont respiratoires (par œdème laryngé et obstruction aérienne) et l’extension de l’infection est possible dans la poitrine (au « médiastin »). La collection doit être évacuée chirurgicalement en urgence.
• Les complications peuvent être générales ou « post-streptococciques »
Ce sont surtout des complications inflammatoires tardives apparaissant après un intervalle libre suivant l’infection initiale. Les personnes les plus exposées sont les enfants âgés de plus de 4 ans et les adolescents ou les personnes avec des antécédents personnels ou familiaux de « Rhumatisme articulaire aigu ». Le syndrome inflammatoire clinique et biologique y est constant.
Le rhumatisme articulaire aigu (ou RAA) débute 15 à 20 jours après l’angine initiale, soit de façon brutale et parlante par une polyarthrite, soit insidieusement en cas de « cardite » modérée inaugurale. Il existe une relation inverse entre la gravité de l’atteinte articulaire (polyarthrite), qui est la plus fréquente, et le risque de développement d’une atteinte cardiaque.
Les problèmes cardiaques (atteinte des valves = « endocardite ») représentent l’élément essentiel du pronostic. Elles sont d’autant plus fréquentes que le sujet est plus jeune. Des troubles cutanés (« nodosités de Meynet » ou « érythème marginé ») et des manifestations nerveuses à type de bouffées de gestes incohérents (« chorée de Sydenham ») sont souvent associés. Les signes généraux sont présents : fièvre, douleurs du ventre liées à une « adénolymphite mésentérique » ou à un foie cardiaque, augmentation des globules blancs, élévation des marqueurs de l’inflammation.
Une atteinte rénale inflammatoire ou « glomérulonéphrite post-streptococcique » est également possible : il s’agit d’une atteinte immuno-allergique du rein qui débute brutalement 10 à 20 jours après l’infection streptococcique, avec des œdèmes localisés au bas du dos et aux membres inférieurs, une diminution du volume urinaire (« oligurie »), une pâleur, et parfois des nausées et des vomissements. L’hypertension artérielle est le plus souvent modérée. Le tableau clinique peut être plus discret, mais les œdèmes et l’hématurie sont des éléments constants. L’examen des urines met en évidence une perte de sang dans les urines (« hématurie ») et la présence de quantités modérées de protéines dans les urines (« protéinurie ») (moins de 2grammes/m2/24h). L’évolution est en général favorable en 2 à 6 mois, sans séquelles. Les éléments de bon pronostic sont l’oligurie initiale modérée et la régression rapide de la protéinurie.
Une éruption cutanée assez typique est « l’érythème noueux post-streptococcique » ou « érythème noueux ». Le streptocoque A est la troisième cause d’érythème noueux en France, mais il touche plutôt l’adulte. Il s’agit d’une « dermohypodermite » nodulaire aiguë siégeant sur la face d’extension des membres qui évolue favorablement en 8 à 15 jours.

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