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Hépatite B : une maladie infectieuse du foie liée au sexe ou au travail

Hépatite B : une maladie infectieuse du foie liée au sexe ou au travail

Hépatite B : une maladie infectieuse du foie liée au sexe ou au travail
libre de droit / iStock
Publié le 14.11.2022

Hépatite B : TRAITEMENT

Comment évolue une hépatite B ?

L'hépatite B guérit en quelques semaines sans traitement dans la majorité des cas chez l’adulte jeune et en bonne santé (plus de 90 %).
Dans de très rares cas peut survenir une hépatite aiguë fulminante (0,1% des cas) qui peut conduire à une greffe de foie.

On observe cependant des formes prolongées avec persistance du virus dans l’organisme plus de 6 mois. C’est ce que l’on appelle les formes chroniques qui surviennent dans environ 5 % des cas. Il s’agit d’une persistance de l’infection du foie qui se traduit par des lésions des cellules et de l’inflammation.
Le passage à la chronicité est inversement proportionnel à l’âge auquel survient l’infection. Ce risque est majeur quand l’infection survient avant l’âge de 5 ans : 90 % des enfants infectés avant l'âge d'un an, et 30 % à 50 % des enfants infectés entre un an et quatre ans, vont développer une infection chronique.
A terme, les formes chroniques de l’hépatite B peuvent aboutir à une cirrhose, voire à un cancer primitif du foie (30 à 40 % des cas).
Une forte consommation d’alcool (>20 g/j pour les femmes et 30 g/j pour les hommes) est un facteur de risque important dans le développement d’une cirrhose. La cirrhose peut régresser partiellement sous traitement antiviral.
Le virus de l’hépatite B est un puissant carcinogène et le risque de développer un cancer primitif du foie (hépatocarcinome) est multiplié par 100 chez les porteurs chroniques du virus de l’hépatite B. A l’inverse, après vaccination contre le VHB, il a été démontré une diminution de la fréquence des carcinomes hépatocellulaires.
Ces formes chroniques de l’hépatite B nécessitent donc une surveillance prolongée et, dans certaines circonstances, un traitement.

Comment traite-t-on une hépatite B aiguë ?

Il n'existe pas de traitement antiviral spécifique pour l'hépatite B aiguë et le malade guérit spontanément en 28 jours en moyenne.
Le traitement vise donc principalement à améliorer les signes gênants et à assurer un bon équilibre nutritionnel pour le malade (traitement symptomatique), par exemple à remplacer les pertes liquidiennes dues aux vomissements et à la diarrhée…
Le médecin donnera des conseils indispensables pour éviter d’aggraver les lésions aiguës du foie avant que survienne la guérison de l’hépatite B.
Il faut avoir une alimentation équilibrée et respecter une bonne hydratation à la phase aiguë.
Il est toujours conseillé aux malades de se reposer, d’éviter les aliments gras et, surtout, l'alcool (qui peut être mal toléré pendant quelques mois au cours de la phase de convalescence et provoquer des rechutes mineures).
Il est aussi important que le malade ne prenne aucun médicament de sa propre initiative : beaucoup peuvent avoir un retentissement sur le foie et donc risquer d’aggraver ou de compromettre la guérison. De plus, certains médicaments sont normalement activés ou dégradés par le foie et l’hépatite risque donc de modifier leur efficacité ou leur toxicité.

La vaccination des proches peut être envisagée.
Les nourrissons nés de mères connues comme porteuses de l'hépatite B peuvent être traités avec des anticorps contre le virus de l'hépatite B (immunoglobulines hépatite B ou IgHB).
Lorsque le traitement est administré avec le vaccin dans les douze heures qui suivent la naissance, le risque de contracter l'hépatite B est réduit de 95 %. Ce traitement permet également à une mère d’allaiter son enfant sans danger.

Comment traite-t-on une hépatite B chronique ?

Les hépatites B chroniques ne nécessitent pas toutes un traitement. Le problème est, en effet, que le VHB est un virus à ADN, et que cet ADN peut s’intégrer dans celui des cellules infectées. Ceci explique pourquoi il très difficile d’éradiquer complètement le VHB de l’organisme une fois que la maladie est devenue chronique.
Les traitements actuels permettent donc surtout de contrôler la multiplication (réplication) du virus, ce qui limite les conséquences de l’infection sur le foie. Ils ne permettent pas le plus souvent de guérir complètement l’infection, ni les lésions du foie. La décision de traiter dépend donc de l’activité de l’infection par le virus (nombre de virus dans le sang) et de l’importance ou de l’évolution des lésions du foie.
Lorsqu'un traitement est jugé nécessaire, son objectif est de protéger le foie en maîtrisant la multiplication du virus (réplication virale). Il s’agit surtout de diminuer l'activité de la maladie pour permettre de stabiliser l'état du foie, voire de l'améliorer et de faire régresser la fibrose. Le traitement de l'hépatite B chronique repose sur 2 familles de médicaments qui doivent être utilisés durant six mois à un an, parfois plus longtemps.
La première option est basée sur la prescription d’antiviraux (analogues nucléosidiques ou nucléotidiques) qui bloquent certains mécanismes indispensables à la multiplication du virus.
Plusieurs générations d’antiviraux se sont succédées pour aboutir aujourd’hui à des molécules qui contrôlent la réplication du virus tout en évitant l’apparition de résistances du virus aux antiviraux. Mais ces médicaments n’éliminent pas complètement le virus le plus souvent et ils doivent être pris sur le long terme.
La deuxième option thérapeutique est basée sur l’utilisation d’un immunomodulateur injectable, l’interféron alpha, sur 6 à 12 mois.
L’interféron en injection sous-cutanée, une fois par semaine, permet de rendre le virus inactif chez un tiers des malades. Ceux-ci pourront alors arrêter leur traitement. Cependant, le virus n’est qu’inactif et il peut être réactivé, même plusieurs années après l’arrêt du traitement, ce qui oblige à une surveillance au long cours.

Ce type de traitement peut s'accompagner d'effets indésirables (fatigue, signes grippaux, idées noires...). Il est donc important de se faire suivre régulièrement, au rythme conseillé par le médecin ou en cas de signes gênants.
Au cours du traitement, et dans les six mois suivant son arrêt, la contraception est recommandée pour les femmes en âge d'avoir un enfant et pour les compagnes des hommes traités. L'utilisation d'un préservatif chez le conjoint malade est obligatoire en raison des effets secondaires possibles du traitement sur une éventuelle grossesse.
Il est important de préserver son foie de toutes les agressions (alcool, surpoids, médicaments hépatotoxiques). Le malade ne doit prendre aucun médicament sans demander un avis au médecin : beaucoup peuvent avoir un retentissement sur le foie.

Est-il possible d’envisager une greffe de foie ?

Dans les formes sévères, une greffe du foie est parfois envisagée, en particulier en cas de cirrhose sévère, d’hémorragie digestive ou d’encéphalopathie. Elle pose essentiellement le problème de la récidive de l’infection par le VHB. Le risque d’infection du greffon est très élevé, de l’ordre de 80 %.

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