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Trouble de stress post-traumatique : une aide précoce est préférable

Trouble de stress post-traumatique : une aide précoce est préférable

Publié le 29.11.2016
Mise à jour 17.08.2018
Trouble de stress post-traumatique : une aide précoce est préférable
©123RF-Antonio Gravante

Le trouble de stress post-traumatique, également appelé "syndrome de stress post-traumatique" ou PTSD, est un trouble anxieux particulier qui se développe après qu’une personne ait subi un événement traumatisant et générateur d’une détresse importante et soudaine.

Trouble de stress post-traumatique : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Le « trouble de stress post-traumatique » ou « l’état de stress post-traumatique » (ESPT) est également appelé « syndrome de stress post-traumatique » ou PTSD par les américains.

Qu'est-ce qu’un état de stress post-traumatique ?

Le trouble de stress post-traumatique est un trouble anxieux qui se différencie des autres troubles anxieux par son origine : un évènement traumatique.
Le trouble de stress post-traumatique peut apparaître à la suite d’événements traumatisants qui occasionnent une détresse importante. Cela peut être un vol à main armée, un accident de la route, une catastrophe naturelle, une expérience de guerre ou des sévices physiques ou sexuels. Face à ce type d’événement, il est normal de ressentir un choc : c’est la réaction dite de « stress aigu », qui dure habituellement moins d’un mois. Chez certaines personnes, cette période de stress persiste de manière anormalement longue, de plusieurs semaines à plusieurs mois. On parle alors « d’état de stress post-traumatique ».
L’exposition à l’événement traumatique peut être variable : la personne peut avoir vécu le ou les événements ou avoir été témoin d’événements survenus à d’autres personnes ou simplement avoir appris un accident ou un décès brutal d’un membre de sa famille proche ou à un ami proche. Dans certains cas, la personne a été exposée de façon répétée à l’événement.
Le trouble de stress post-traumatique peut survenir à tout âge y compris durant l’enfance. Les signes apparaissent habituellement dans les trois premiers mois suivant l’événement traumatique bien qu’il puisse exister un délai de plusieurs mois ou même de plusieurs années avant qu’ils n’apparaissent.
Les médecins ont établi des critères pour diagnostiquer le trouble de stress post-traumatique : la personne doit avoir vécu, avoir été témoin ou avoir été confrontée à un ou des événements durant lesquels son intégrité physique ou celle d’une autre personne a pu être réellement ou potentiellement menacée de blessures graves, ou de risques de blessures ou de mort. La personne réagit à cet évènement par un sentiment de peur intense, d’horreur ou d’impuissance.

Quelles sont les causes de stress post-traumatique ?

Le trouble de stress post-traumatique est un trouble anxieux en rapport avec un évènement traumatique initial.
La personne qui souffre de trouble de stress post-traumatique peut être la victime, ou simplement le témoin de la scène traumatisante. Ces événements ont provoqué une réaction intense mêlant peur, détresse et horreur. Ils varient de l’agression sexuelle ou de l’accident grave des transports (avion, voiture, explosion, incendie…), à la guerre, la prise d’otages, la violence physique ou psychique (agression, vol à main armée, viol, prise d’otages, guerre…), la catastrophe naturelle (inondation, tornade, tremblement de terre…) ou l’attentat.
La sévérité et la durée de l’événement ainsi que la proximité physique de la personne exposée sont des facteurs de risque pour l’apparition du trouble. Plus que la gravité réelle des événements traumatiques, c’est la gravité perçue qui semble décider de l’apparition d’un trouble de stress post-traumatique. L’existence d’une maladie psychiatrie antérieure peut rendre une personne plus vulnérable à l’émergence au trouble.
Toute personne qui a déjà vécu un trouble de stress post-traumatique reste vulnérable pendant très longtemps et peut voir ses problèmes réapparaître dans certaines circonstances. Parfois, les séquelles d’un trouble de stress post-traumatique prennent la forme de dépressions, de troubles anxieux, ou encore, d’abus d’alcool ou de drogues. Le recours aux drogues et à l’alcool pourrait être une tentative de la part de la personne malade de « s’automédiquer » en quelque sorte, afin d’alléger son angoisse ou pour engourdir la peur des situations menaçantes.

Quels sont les facteurs de risque de stress post-traumatique ?

Tout le monde est susceptible de souffrir d'un trouble de stress post-traumatique mais avoir été témoin ou victime d'un événement traumatique n'implique pas obligatoirement qu’un trouble de stress post-traumatique va survenir.
Il est donc difficile de prédire qui en sera atteint car certaines personnes peuvent être exposées plusieurs fois à des événements horribles et ne jamais souffrir du trouble, alors que d'autres ne seront exposées qu'une seule fois et elles souffriront d’un trouble de stress post-traumatique.
Parfois aussi, les signes n’apparaissent que plusieurs années après l’événement, soit parce que la personne vit un nouvel événement qui lui rappelle le premier, soit parce qu’elle est plus vulnérable ou même seulement parce qu’elle entend parler d’un évènement semblable. Ainsi, le trouble de stress post-traumatique peut demeurer latent durant plusieurs années et apparaître tardivement dans un contexte apparemment sans lien avec le précédent. Regarder des catastrophes à la télévision, entendre à la radio le témoignage de personnes ayant été victimes de viol, par exemple, ne devrait pas normalement déclencher un trouble de stress post-traumatique, sauf si la personne a vécu antérieurement des événements traumatiques similaires qu'elle a tenté avec beaucoup d'efforts d'oublier.
On ne sait pas avec certitude par quel mécanisme le trouble de stress post-traumatique se produit chez une personne. Il existe plusieurs hypothèses : ce ne serait pas seulement la nature de l’événement qui déterminerait l’intensité de la réaction, mais aussi la menace à l'intégrité et l’interprétation subjective que la personne en ferait. La nature imprévisible et incontrôlable de l'événement pourrait aussi avoir un rôle dans l’émergence du trouble de stress post-traumatique.
Les enfants peuvent aussi être touchés par un trouble de stress post-traumatique et cela se traduit dans certains jeux répétitifs et des rêves qui peuvent incorporer des éléments du traumatisme. Ces jeux et rêves sont normaux et s’estompent graduellement.
Il est important de se souvenir qu'il est souhaitable que la personne exposée parle de l'événement et de ne pas en forcer l’oubli. Il faut être patient et tolérant face aux gens qui en souffrent et les encourager à consulter un médecin ou un psychiatre si les signes persistent ou nuisent au fonctionnement de la vie quotidienne.

Quels sont les signes de stress post-traumatique ?

Lorsqu’une personne vit ou est témoin d’un événement particulièrement traumatisant, elle peut éprouver une peur intense. Par la suite, un ensemble de signes et de comportements spécifiques du trouble de stress post-traumatique peuvent apparaître. Ces signes caractéristiques sont en rapport avec le traumatisme déclenchant. Ils débutent habituellement dans les trois premiers mois après le traumatisme, mais il peut exister un délai de plusieurs mois ou même de plusieurs années avant que les signes n’apparaissent.
Presque toujours, le traumatisme initial provoque un sentiment de peur intense, voire d’horreur et d’impuissance. La personne traumatisée revit ensuite en permanence l’événement à travers des souvenirs, des cauchemars ou des « flash-backs » qui apparaissent par surprise. Parfois, les sensations physiques ressenties au moment du traumatisme resurgissent à l’improviste. Il existe des pensées obsédantes qui provoquent de la détresse (anxiété, dépression). Des comportements d’évitement sont fréquents, comme faire des efforts afin de ne pas penser à l’évènement traumatique ou éviter certains lieux ou situations qui pourraient réveiller des souvenirs douloureux. Cette attitude d’évitement peut aboutir à l’amnésie partielle ou totale des événements.
Il peut également exister un sentiment d’engourdissement émotif, comme se sentir détaché des autres ou être incapable de ressentir des émotions telles que la tendresse ou le désir sexuel. Une hyperactivité peut apparaître et se traduire par des difficultés à se concentrer et à trouver le sommeil ou par un état d’alerte constante avec irritabilité. La personne malade a également l’impression d’avoir perdu le contact avec son environnement, le sentiment d’évoluer en permanence dans le brouillard.
D’autres signes peuvent apparaître : troubles du sommeil, irritabilité, détresse, difficultés à se concentrer ou hypervigilance (peur exagérée du monde extérieur).
Le trouble de stress post-traumatique entraîne une souffrance cliniquement objective ou une altération du fonctionnement social, professionnel. La vie familiale peut en être affectée et cela peut entraîner des conflits majeurs, les autres membres de la famille ne comprenant pas les comportements de la personne souffrant du trouble de stress post-traumatique.

Quelle est l’évolution de l’état de stress post-traumatique ?

La durée, la fréquence et l’intensité des signes peuvent varier dans le temps. Il existe donc des troubles de stress post-traumatique aigus (les signes persistent moins de trois mois), chroniques (les signes persistent trois mois ou plus) et des troubles de stress post-traumatique de survenue différée (au moins six mois se sont écoulés entre l’événement traumatique et le début des signes).
Dans environ la moitié des cas, une guérison complète survient en trois mois, alors que les autres personnes ont des signes qui persistent plus de douze mois après l’événement traumatique.
Le trouble de stress post-traumatique peut être particulièrement sévère ou prolongé dans le temps lorsque l’événement traumatique est lié à une activité comme une torture ou un viol.

Quelles sont les complications du stress post-traumatique ?

Un trouble de stress post-traumatique peut provoquer des conséquences importantes sur le fonctionnement de la personne qui en souffre et peut affecter plusieurs aspects de sa vie personnelle, familiale et sociale.
La nécessité ressentie d’éviter toute situation menaçante peut entraîner d’importantes limitations des activités quotidiennes et sociales. Les victimes ou témoins d'un attentat terroriste dans un métro éviteront de prendre le métro dans un premier temps, voire l'autobus ou tout autre transport en commun, craignant d'être à nouveau mis dans une situation de danger extrême. Tout bruit rappelant une explosion risque de déclencher anxiété aiguë. Ces personnes peuvent ainsi cesser d'écouter la radio, la télévision ou encore changer de chaine chaque fois qu'il y a des images ou des sons qui rappellent l'événement traumatisant.
Des complications peuvent survenir, tels des troubles du comportement alimentaire ou des toxicomanies (alcool, drogues, médicaments). Dans près d’un tiers des cas, on assiste à l’apparition d’une véritable dépression.

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