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Maux de tête : une céphalée inhabituelle doit interpeller
Maux de tête : une céphalée inhabituelle doit interpeller
Publié le 30.07.2019
Maux de tête : une céphalée inhabituelle doit interpeller
vadimguzhva/iStock

Les maux de tête, ou « céphalées », concernent différents types de douleurs qui correspondent le plus souvent à des maladies bénignes. Le problème est de ne pas passer à côté des affections graves. C’est le contexte et le caractère « habituel » ou « inhabituel » qui guide la démarche diagnostique et le traitement qui peut être urgent dans certaines circonstances.

Maux de tête : QUE FAIRE ?

Comment prendre en charge des maux de tête inhabituels et récents ?

Les douleurs de la tête récentes et inhabituelles, qu’elles soient d’apparition brutale ou d’aggravation progressive, doivent conduire à une consultation médicale et à une imagerie cérébrale en urgence. En l’absence de diagnostic après la consultation et l’imagerie, une ponction lombaire sera nécessaire. Le traitement symptomatique de la douleur en urgence repose sur les antalgiques non spécifiques : paracétamol 1 gramme, voire en cas d’échec néfopam (Acupan®), 20 mg, associé à un traitement antiémétique. Un traitement par voie intraveineuse est bien sûr à privilégier en cas de nausées ou de vomissements associés (la voie orale serait alors inefficace). Il est préférable d’éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires non-stéroïdiens en l’absence de certitude diagnostique, car ceux-ci, et en particulier l’aspirine, sont susceptibles d’aggraver une hémorragie non-diagnostiquée. Il faut également éviter les médicaments sédatifs qui sont eux susceptibles de masquer l’apparition de troubles de la conscience, élément majeur de la démarche diagnostique et thérapeutique.

Surtout, un traitement spécialisé en urgence de la cause de la douleur de la tête peut être indiqué en fonction du diagnostic étayé sur les examens complémentaires réalisés : embolisation ou traitement chirurgical d’un anévrisme rompu d’une artère cérébrale, antibiothérapie en cas de méningite bactérienne ou traitement antiviral anti-herpétique en cas de méningite virale à virus herpès, corticothérapie dans les artérites temporales de Horton (en association à l’aspirine à dose anti-agrégante pour prévenir à la phase aiguë une thrombose de l’artère centrale de la rétine), traitement anticoagulant par héparine intraveineuse dans les thromboses veineuses cérébrales, dérivation ventriculaire mise en place en neurochirurgie en cas d’hypertension intracrânienne lors d’une hydrocéphalie aiguë.

Comment prendre en charge des maux de tête habituels et récents ?

Dans ces circonstances, le traitement est accessible plus simplement et en dehors des urgences hospitalières.
En l’absence de caractère inhabituel, le traitement des céphalées de la migraine comporte deux volets. Le traitement de crise vise tout d’abord à soulager la crise et il doit être pris dès le début de la crise pour être pleinement efficace. Deux classes thérapeutiques sont recommandées : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (type naproxène ou aspirine) et les triptans. Dans tous les cas, il faut éviter l’abus médicamenteux (ne jamais dépasser 8 jours de prise par mois) et ne pas hésiter à consulter en cas d’inefficacité du traitement (risque d’état de mal migraineux). Les antalgiques opiacés ne doivent pas être utilisés dans la migraine, en raison du risque de surconsommation entraînant après quelques mois une céphalée chronique paradoxale par abus médicamenteux. Lorsque les crises sont trop fréquentes, un traitement de fond est proposé pour diminuer la fréquence des crises : dérivés de l’ergot de seigle et, bientôt, les inhibiteurs du récepteur du peptide lié au gène de la calcitonine CGRP (pour Calcitonine-Gene Relatide Peptide).
Le traitement de l’algie vasculaire de la face comporte également deux volets. Le traitement de la crise avec le sumatriptan en injection sous-cutanée et l’inhalation d’oxygène au masque (7 à 15 L/min pendant 15 minutes sont les traitements classiques et, bientôt, les inhibiteurs du récepteur du peptide lié au gène de la calcitonine CGRP (pour Calcitonine-Gene Relatide Peptide) semblent une révolution thérapeutique à partir d’une étude de bonne qualité. Le traitement de fond repose sur le vérapamil.
Le traitement des céphalées de tension repose sur le paracétamol ou les AINS en cas de crise, en évitant également la surconsommation. Un traitement de fond peut être utile en cas de céphalées de tension fréquentes ou devenant chroniques (plus de 15 jours par mois depuis plus de 3 mois).
En cas de céphalée chronique quotidienne (> 15 jours par mois), un sevrage est recommandé en cas d’abus médicamenteux.

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