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Douleur antérieure du genou : rechercher un syndrome fémoro-patellaire
Douleur antérieure du genou : rechercher un syndrome fémoro-patellaire
Publié le 01.04.2020
Douleur antérieure du genou : rechercher un syndrome fémoro-patellaire
Iurii Maksymiv/iStock

La douleur antérieure du genou évoque en premier lieu une souffrance de la rotule chez l’adulte (« syndrome fémoro-patellaire ») et une inflammation de l’insertion du tendon de la rotule sur le tibia ou « apohysite de croissance de la tubérosité antérieure du tibia » (« maladie d’Osgood-Schlatter ») chez l’enfant. Mais cela peut être une simple bursite, une tendinite et même un problème intra-articulaire.

Douleur antérieure du genou : CONSULTATION

Qu’est-ce que le syndrome fémoro-patellaire ?

Le syndrome fémoro-patellaire constitue un des diagnostics les plus fréquemment posés en présence d’une douleur antérieure non traumatique de genou chez l’adolescent et l’adulte.

La personne se plaint généralement d’une douleur antérieure du genou, derrière la rotule ou autour de celle-ci. Un des signes caractéristiques est que la douleur augmente généralement en position assise prolongée (« signe du cinéma ») ou lors de la montée/descente des escaliers, situations qui augmentent la force de pression de la rotule sur le fémur. Fréquemment, la douleur ne survient que lors de la course à pied, après quelques dizaines de minutes, et disparaît quelques heures après la fin de l’activité. Une sensation d’instabilité subjective de la rotule est parfois présente, associée ou non à des bruits articulaires, des accrochages, des ressauts, des pseudoblocages…

De multiples facteurs de risque entrent en jeu. La faiblesse du quadriceps, en lien avec une hypotrophie musculaire, est fréquemment retrouvée. La faiblesse des abducteurs et rotateurs externes de hanche est également un facteur important. D’autres éléments tels que des anomalies anatomiques de la trochlée ou de la rotule, un manque de souplesse des muscles ischiojambiers ou du muscle de la cuisse, une hypermobilité de la rotule et des tissus mous du genou (« hyperlaxité articulaire »), une anomalie morphologique au niveau des membres inférieurs et notamment des pieds, peuvent jouer un rôle selon les cas.

Le diagnostic est le plus souvent clinique avec la reproduction de la douleur lors des mouvements qui mettent en compression la rotule sur le fémur et il indispensable pour éliminer les diagnostics différentiels (douleurs d’insertions tendineuses, inflammation, problèmes intra-articulaires, lésions osseuses, fractures, apophysites et douleurs projetées.

L’évaluation des amplitudes articulaires des genoux et hanches, en passif et en actif, doit être réalisée lors d’un examen clinique détaillé. De même que la souplesse du quadriceps, des ischiojambiers, de la bandelette ilio-tibiale, des fléchisseurs de hanches et du triceps sural doit être évaluée, car leur raccourcissement constituerait un facteur de risque modifiable, surtout concernant le quadriceps.

Les examens complémentaires ne sont pas indispensables pour mettre en route le traitement. La radiographie standard est le premier examen à réaliser si les plaintes persistent malgré un traitement. Le bilan radiographique peut être plus rapidement réalisé pour deux catégories d’âge : l’adolescent en pleine croissance (recherche d’ostéochondrite disséquante, anomalie du cartilage de conjugaison, tumeur osseuse) et l’adulte de plus de 50 ans (recherche d’arthrose fémoro-patellaire). 

Quels sont les risques des douleurs antérieures du genou ?

Il n’est pas bon de laisser évoluer une douleur antérieure du genou, surtout en contexte traumatique où il peut s’agir d’une rupture d’un tendon ou d’un ménisque qu’il faudra réparer rapidement, voire d’une fracture.

En cas de syndrome fémoro-patellaire, sa négligence aboutira à la persistance des douleurs et à l’éventuelle apparition d’une arthrose fémoropatellaire secondaire. 

Quand faut-il consulter en urgence ?

En cas de traumatisme, un certain nombre de signes sont évocateurs d’une fracture ou d’une rupture d’un ligament ou d’un ménisque. Il faudra consulter en urgence en cas de survenue d’une douleur aiguë lors d’un sport à haut risque (football, rugby, sports de combat…), en cas de sensation de craquement, de déboitement et de « patte folle », en cas de gêne fonctionnelle importante, voire d’impotence complète, de précocité du gonflement de l’articulation du genou, d’hématome et de mouvements anormaux.

En dehors du contexte traumatique, une douleur du genou avec gonflement articulaire peut révéler une infection articulaire (« arthrite septique ») et la fièvre devra conduire à une consultation urgente avec ponction du genou.

Comment faire le diagnostic des douleurs antérieures du genou ?

La radiologie standard n’apportera que rarement le diagnostic, tant les altérations du genou sont banales à partir d’un certain âge, mais elle est nécessaire pour évaluer la hauteur de la rotule et rechercher une dysplasie osseuse. 

Ce bilan doit comporter des radiographies de face et profil du genou en charge, ainsi que des incidences axiales de rotules (en flexion de 30° et 60°).

Elle permettra aussi d’exclure une tumeur ou une gonarthrose. 

La « goniométrie » est importante pour mesurer l’axe du membre inférieur (en degré de valgus ou varus) et visualiser le centrage de la rotule en position debout. 

L’IRM est désormais souvent préférée à l’arthroscanner, car moins invasive, en cas d’interrogation sur des lésions des parties molles ou d’atypie de l’examen. Elle permet d’évaluer la dysplasie rotulienne ainsi que l’état du cartilage (anomalies de signaux du cartilage), mais également de repérer une tendinite ou des plicas. 

L’arthroscopie a remplacé l’arthroscanner lorsque l’IRM ne permet pas de poser le diagnostic.

Si le médecin suspecte une anomalie architecturale de l’articulation, le scanner du genou permettra d’évaluer l’alignement entre la tubérosité tibiale antérieure et la gorge trochléenne (TA-GT), qui doit être inférieur à 20 mm.

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