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QUESTION D'ACTU

Démence

Faire un AVC double le risque de démence dans les années qui suivent

Faire un AVC est associé à un risque de démence multiplié par deux. A contrario, une prévention efficace protège aussi bien le cœur et les artères que le cerveau. Explications.

Faire un AVC double le risque de démence dans les années qui suivent SIphotography / istock

  • Publié 03.09.2018 à 12h10
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On a l’âge mental de ses artères. Une vaste méta-analyse, publiée récemment dans la revue Alzheimer's & Dementia, a compilé les données de 32 études précédentes sur le lien entre accident vasculaire cérébral (AVC) et démence. Elle confirme que la survenue d’un ou plusieurs AVC augmente significativement le risque de développer une démence, qu’il s’agisse de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme (vasculaire, Parkinson...).

"Nous avons déterminé qu’un historique d’AVC augmentait le risque de démence d’environ 70 %", explique dans un communiqué le Dr Ilianna Lourida (université d’Exeter), un des auteurs principaux de l’étude. Ce risque était même doublé lorsqu’on limitait l’analyse aux AVC incidents, s’étant produit seulement quelques années – moins de 10 ans – avant le diagnostic de démence.

Un AVC se produit lorsqu’une artère du cerveau se bouche, entraînant une destruction souvent irréversible de la zone en aval. Il arrive aussi qu’un vaisseau se rompe et provoque une hémorragie cérébrale. Dans tous les cas, la répétition d’AVC semble favoriser le déclin cognitif. Le mécanisme, encore mal compris, aurait trait à la multiplication de mini-AVC silencieux (incidents ischémiques transitoires) plutôt qu’à la survenue d’un seul AVC symptomatique.

D’une pierre deux coups

Ce lien avéré entre AVC et démence n’est pas sans conséquence : il signifie que la prévention des risques vasculaires peut aussi bénéficier à la santé cognitive. La chanson est bien connue : pratiquer un exercice physique, avoir une alimentation saine, ne pas fumer... La prise en charge médicamenteuse de l’hypertension artérielle est aussi à même de jouer un rôle protecteur sur le cerveau.

"On pense qu’environ un tiers des cas de démences sont potentiellement évitables, mais cette estimation ne prend pas en compte les AVC", explique le David Llewellyn (université d’Exeter), auteur sénior. "Nos résultats indiquent que ce chiffre pourrait être encore plus élevé", conclut-il. Autrement dit, la lutte contre la maladie d’Alzheimer, objectif majeur de santé publique, passe par une politique de prévention cardiovasculaire ambitieuse.

Prévenir un cas de démence sur deux

Une étude pilote conduite au Canada, vient à l’appui de ce constat. Depuis les années 2000, la province d’Ontario a mis en place une politique volontariste de prévention des AVC, à hauteur de 30 millions d’euros par an. Le programme comprend notamment des campagnes d’information à destination du grand public, des outils de suivi en libre accès et des cliniques spécialisées dans la prévention de la récidive.

Les résultats, publiés en 2017, sont étonnants. Ce dispositif a permis de réduire le nombre d’AVC de près de 40 % chez les patients de plus de 80 ans, les plus à risque. Mais il fait d’une pierre deux coups : en parallèle, les cas de démence ont diminué de 15 % ! La confirmation éclatante que la santé du cerveau passe par celle des artères.

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