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Ménopause et risques cardiaques : le traitement hormonal substitutif doit être administré plus tôt

Le traitement hormonal substitutif (THS) pourrait protéger le coeur des femmes efficacement si elles le prenaient avant la ménopause et non pas après, comme c'est toujours le cas. 

Ménopause et risques cardiaques : le traitement hormonal substitutif doit être administré plus tôt natalie_board/iStock

  • Publié 03.06.2019 à 18h00
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Quand une femme atteint la ménopause, elle souffre souvent de bouffées de chaleur, de sueurs nocturnes et/ou de sécheresse vaginale - celle-ci étant due à la baisse du niveau d’estrogène. Cette hormone permet également aux artères de fonctionner correctement, ce qui induit une augmentation des risques de contracter une maladie cardiovasculaire pendant la ménopause.

C’est pourquoi, pour contrer ces effets indésirables et dangereux, certaines femmes se tournent vers le traitement hormonal substitutif (THS). Mais ces dernières décennies, de nombreuses études ont fait le lien entre cette technique et le cancer du sein, de l’utérus et des ovaires. Une nouvelle recherche canadienne publiée dans la revue Acta Physiologica, avance que le THS pourrait protéger efficacement le cœur si les femmes le prenaient avant la ménopause et non pas après, comme c’est toujours le cas.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’Université de Guelph, en Ontario, se sont intéressés à l’évolution du cœur durant les années précédant la ménopause, chez des souris (c’est la première fois que des scientifiques arrivent à reproduire cette étape sur des animaux). Avant, "nous pouvions reproduire la ménopause chez des souris de laboratoire en retirant leurs ovaires mais cela ne retraduisait pas le changement graduel de la ménopause", explique le Professeur Glen Pyle qui a conduit l’étude. "Nous pouvons désormais faire en sorte que les ovaires de la souris diminuent lentement au fil du temps pour reproduire la transition graduelle vers la ménopause, comme chez les femmes". Ce qui garantie une meilleure fiabilité des résultats. 

Des marqueurs de stress avant la ménopause

Ainsi, les chercheurs ont réussi à ce que leurs souris atteignent la ménopause en quatre mois. Et si leur cœur fonctionnait de la même manière qu’avant, des "marqueurs de stress" sont en revanche apparus au cours de cette étape. "Les changements sont cachés mais ils existent", développe le Professeur Pyle.

Son équipe a donc administré aux souris des médicaments reproduisant l’estrogène avant la ménopause. "Nous voulions tester l’hypothèse du timing : l’idée qu’il y a une fenêtre pour recevoir l’estrogène et que nous pourrions donc voir s’il était possible de déterminer comment la ménopause impactait la réponse aux œstrogènes". Résultat : en examinant comment les cœurs des souris répondaient aux estrogènes, les chercheurs ont noté de petites mais importantes variations indiquant des changements moléculaires dans l’organe vital.

Ainsi, le cœur a "fondamentalement changé au cours de la période de la péri-ménopause", note le Professeur Pyle, qui développe : "cela prouve que nous ne pouvons pas simplement placer des estrogènes dans un cœur des années après la ménopause. Cela nous dit également que le timing est important et que nous aurions peut-être besoin de changer de fenêtre pour offrir la thérapie par l’estrogène plus tard et ne pas attendre après la ménopause". Et de conclure : "Nous voulons continuer cette étude pour peaufiner le THS pour comprendre comment cela peut être utilisé de manière bénéfique car il y a tellement de preuves que cela marche".

La ménopause, une étape difficile pour les femmes

La périménopause survient le plus souvent aux alentours de 47 ans pour durer environ quatre ans. Cette phase se manifeste par des règles irrégulières, des seins tendus et une humeur irritable quelques jours avant ainsi que les premières bouffées de chaleur et sueurs nocturnes. Arrive ensuite la ménopause, période de la vie d’une femme où ses règles cessent définitivement car les ovaires arrêtent leur sécrétion hormonale.

C’est une étape désagréable qui engendre divers problèmes tels que des bouffées de chaleur, des insomnies, de la fatigue, de la sécheresse vaginale, des troubles génito-urinaires, une prise de poids, et, surtout le risque de développer certaines maladies. Outre les troubles cardiovasculaires énoncés ci-dessus, la ménopause a également tendance à augmenter le risque d’ostéoporose (perte osseuse).

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